Essai Audi S4 3.0 TFSI 354 chevaux.

Essai Audi S4 3.0 TFSI 354 chevaux.

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On a tous des souvenirs du S4 B5 et de son V6 biturbo de…265 chevaux. A l’époque ça ne faisait pas « rire » alors qu’aujourd’hui un simple S3 dépasse déjà les 300 chevaux: l’évolution des voitures est indéniable et le S4 n’y échappe pas. V6 délaissé au profit du V8 4.2 344 chevaux atmosphérique de 2003 à 2008 avant de venir au compresseur en 2009 en 3.0 V6 TFSI de 333 chevaux et dernière évolution vers un inédit V6 vers 354 chevaux avec un turbo; on notera que le bond en avant réalisé entre le B5 de 265 chevaux et le V8 de 344 chevaux est bien plus important qu’entre le V8 et le V6 turbo mais c’est la valeur du couple qui profite de l’amélioration puisque la version B9 est la première S4 à dépasser les 500 Nm.

Lorsque nous avons pris les clefs de notre modèle d’essai, on m’avait prévenu avant de démarrer: tu vas être fan du bruit! Ouais bon ça reste un V6 avec un turbo, ça doit être sympa mais pas addictif non plus je me suis dit. J’appuie sur le bouton start et le V6 3.0 TFSI démarre gentiment, la discrétion est de mise derrière les quatre sorties d’échappement typique des modèles S d’aujourd’hui.

Ma passagère et moi-même réglons nos sièges Sport S disponibles en option avec le supplément fonction massage (extra pour les longs trajets). De série le S4 est équipé des sièges Sport un peu moins esthétiques et dont les appuis-tête ne sont pas intégrés.

Nous sommes au volant d’un modèle S, inutile d’aller chercher un autre mode que Dynamic sur l’Audi Drive Select. j’ai essayé le mode Efficience mais pas plus d’une minute pendant l’essai, histoire de constater qu’il est possible de l’activer, mais à quoi bon? De toute façon mon cerveau n’est pas programmé pour ce mode sur une S ou RS…

J’enclenche donc le mode Drive de la boîte automatique à 8 rapports Tiptronic et c’est parti pour plus de deux heures de conduite. Sortie du parking, première accélération et je comprends tout de suite ce qu’on a voulu me dire quelques minutes avant, je deviens tout de suite fan du son de ce S4. Ni trop pour ne pas s’en lasser, ni pas assez pour pouvoir se démarquer d’un modèle A de la marque, le V6 est vite envoutant. Non, pire, addictif!

Addictif car il ne faut pas faire oublier à son propriétaire qu’il est au volant d’un modèle S. Il faut dire qu’Audi fait bien plus travailler l’ouïe que la vue. Comme nous avions pu le remarquer lors de sa présentation à la presse au salon de Francfort en 2015, la disparition de la frontière entre les modèles S-line et les modèles S sur des points de détails tels que les sigles sur le volant, seuils de portes, sièges ou encore la console centrale est réelle. Le chiffre a disparu sur les S.

Nos premiers kilomètres sont réalisés tranquillement afin de faire chauffer convenablement notre S4. Aucun à-coup malgré le mode Dynamic, la conduite est fluide grâce au couple maximum présent de 1370 à 4500 tr/min.
La suite est beaucoup plus sport, enfin à température, il est temps de faire ressortir ce que notre voiture a sous le capot. Première ligne droite, pied droit au fond, les rapports s’enchainent et le son qui s’échappe des échappements vous donne un énorme sourire. Après la ligne droite, vient le premier gros freinage, l’auto est stable et l’arrière ne s’écarte pas de la trajectoire, le châssis semble vivant sans être trop joueur.

Cette sensation se concrétise sur les kilomètres pour se rendre au col. Le grip est clairement impressionnant pour une familiale. Alors certes on pourra lui reprocher de ne pas être joueur à la limite mais on se console avec un grip latéral qui vous fera espérer qu’il ne lui arrivera pas de décrocher à cet instant même sinon on pourrait se faire très mal. Les suspensions pilotées et les pneumatiques jouent de concert pour vous faire passer chaque virage de façon fulgurante.
Les mains posées sur le volant 3 branches, sans le méplat, votre regard emmène le S4 là où il est possible de passer le plus vite possible. Toutefois elle n’est pas aussi facile que je semble vous l’écrire puisque pour passer du rapide au très rapide, il existe un gap que votre cerveau va devoir vite comprendre car vous n’êtes pas au volant d’un TTS ou d’un S3, vous avez un break de 4,75m et de 1750kg à vide entre les mains.

Premier arrêt pour se remettre de la première partie de l’essai. Nous en profitons pour laisser refroidir la mécanique et détailler un peu plus notre S4. Le bleu Navarre métallisé disponible en option va particulièrement bien avec les jantes en 19 pouces chaussées de pneumatiques Continental Sport Contact 6 et les vitres arrière sur-teintées et double vitrage à l’avant.

Projecteurs avant Audi Matrix LED.

L’Opensky est agréable et donne la luminosité nécessaire pour la mise en valeur de l’habitacle.

Le volant chauffant disponible en option remplace le volant avec méplat de série.

L’intérieur est équipé des applications décoratives en carbone Atlas.

Et des sièges Sport S cuir Nappa tissu gris Rotor et surpiqûres anthracite. On regrette une nouvelle fois la disparition du chiffre laissant plutôt apparaître un logo d’une finition S-Line que S4.

Notre modèle d’essai est équipé du Bang & Olufsen Sound System avec un haut-parleur central sur le tableau de bord, un subwoofer, un amplificateur 12 canaux et 14 haut-parleurs pour une puissance de 705 watts. Mais ça nous ne l’avons pas essayé, nous avons privilégié le son du V6 dans les montagnes.

Notre essai continue ensuite sur des courbes…rapides. Impériale, le S4 ne bouge pas aidé par les suspensions Sport à réglages spécifiques S disponible en option. Alors certes elle est vraiment safe donc peut manquer de piment pour certains du fait de la limite fortement repoussée, mais le sentiment de sécurité que vous avez à son volant vous permet d’y aller sans avoir d’arrière-pensée. Attaquer en entrée de courbe vous place la voiture en appui et garde son cap jusqu’en ligne droite.

Nous descendons du col en mode tranquille afin de pouvoir récupérer l’autoroute. Le 0 à 100 km/h se réalise en 4.9s, facilitant la sortie du péage ainsi que l’insertion dans la circulation. Les bruits sont bien filtrés mais il est plutôt préférable de fermer l’Opensky pour profiter de la discussion avec ses passagers et du son du V6 lors des reprises. Dernier instant à son volant dans quelques mètres d’un bouchon pour se rendre au terminal Audi de Seynod à qui nous devons rendre notre S4, l’attractivité liée à l’effet de nouveauté fait tourner les têtes sur le style S quoiqu’un peu sage mais reconnaissable pour les initiés.

Conclusion: La logique est toujours de mise chez Audi, le modèle S, c’est acheter un châssis et un moteur au tempérament sportif tout en se faisant plutôt discret. L’extravagance ira se trouver dans le RS4 qui devrait reprendre les codes stylistiques du RS5 présenté au salon de Genève cette année. J’ai particulièrement apprécié son châssis malgré l’absence du différentiel quattro Sport sur notre modèle d’essai (disponible en option), les limites sont repoussées même si la maitrise en toutes circonstances prend le pli sur le côté fun permettant toutefois à tout à chacun de se sentir l’âme d’un pilote (attention elle possède malgré tout des limites et plus elles sont repoussées et plus il sera difficile de pouvoir rattraper une erreur).
Nous nous sommes passés de la radio pendant l’essai à tel point le V6 du S4 est envoutant.

Nous remercions chaleureusement la concession Audi Jean lain Autosport de Chambéry, tout particulièrement Grégoire Dufosse, responsable commercial pour l’organisation de notre essai.
Suite des photographies:

 

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