Rinspeed Bugatti Cyan de 1994 – Une Bugatti EB 110 GT personnalisée par Rinspeed

Rinspeed Bugatti Cyan de 1994 – Une Bugatti EB 110 GT personnalisée par Rinspeed

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La société suisse Rinspeed, qui a su s’imposer avec ces modèles révolutionnaires et uniques, a fait sensation au salon de Genève 1994 en présentant la Rinspeed Bugatti Cyan, sa vision sportive de la Bugatti EB 110 GT.

À l’époque où Ettore Bugatti créait ses machines révolutionnaires, il coopérait très étroitement avec divers carrossiers en France et à l’étranger. C’est pour une bonne raison, que les entreprises spécialisées ont contribué à créer des designs et des fonctions spécifiques pour des clients exigeants. C’est pourquoi beaucoup de voitures Bugatti partagent les mêmes spécifications techniques, mais ont un design différent.

Cette idée de personnaliser les voitures est à la base de ce modèle Cyan créé par la société suisse de personnalisation et le constructeur Rinspeed Design, située à Zumikon près de Zürich.

Cyan (en phonétique “sjan”) provient de la langue grecque et du mot “kuanos”, signifiant bleu. Le terme Cyan est très souvent utilisé aujourd’hui dans l’imprimerie indiquant la couleur bleue de base dans le processus d’impression couleur.

Sur la base de la Bugatti EB 110 GT qui était mise en vente quelques mois avant ce salon, Rinspeed Design a souhaité poursuivre cette ancienne tradition. La couleur bleue saisissante, le bleu Bugatti ou “bleu-de-France”, met en valeur cette élégante et radicale supercar qui avait relancé la marque dans les années 1990. Fin 1993, Rinspeed a pris livraison d’une Bugatti EB 110 GT neuve (châssis 39051) afin de la transformer.

La Bugatti EB 110 était à son époque l’une des voitures les plus modernes du marché avec la fabuleuse MacLaren F1 : coque en carbone, carrosserie en aluminium, moteur V12 à 5 soupapes par cylindre, 4 turbos, boîte manuelle à 6 rapports, 4 roues motrices.

La carrosserie a été modifiée et en partie redessinée: la jupe avant est plus agressive avec une grande entrée d’air pour les radiateurs. La forme traditionnelle de radiateur en forme de fer à cheval définissant au premier coup d’œil les voitures Bugatti est présente un peu plus haut sur le capot avant, servant de prise d’air pour la climatisation.

Les triples projecteurs ellipsoïdaux ultra modernes sont aérodynamiquement encastrés et recouverts de verre, remplaçant les phares rectangulaires du modèle de série. Les rétroviseurs sont très aérodynamiques, suivant la ligne de la carrosserie. La Cyan était équipée d’écopes d’air montées à la place des vitres latérales arrière permettant d’amener suffisamment d’air au moteur. L’aileron arrière spécifique est aussi une réalisation de Rinspeed, permettant d’avoir beaucoup plus d’appui afin d’améliorer la stabilité à des vitesses supérieurs à 350 km/h. L’angle de sa section médiane est réglée électroniquement par rapport à la vitesse. Le train arrière a été spécialement modifié pour la la voiture, permettant en plus de ses fonctions d’arrondir les lignes compactes de l’EB 110 “Cyan”.

La Rinspeed Bugatti Cyan avait rapidement trouvé preneur. Pour ce propriétaire, l’équipementier spécialisé dans la fabrication de jantes – BBS – avait développé de nouvelles jante en aluminium spécifiques en 3 parties. Le détail est poussé au maximum : les boulons permettant de fixer ensemble ces trois éléments sont montés par l’arrière et sont donc cachés. Les bagues extérieures sont polies avec une finition brillante. Les dimensions sont impressionnantes pour l’époque : 9,5 J x 18 à l’avant et 13 J x 18 à l’arrière. C’est Pirelli qui avait fournit des pneus P Zero en 245/40 ZR18 à l’avant et 325/30 ZR18 à l’arrière.

Côté moteur, Rinspeed a fait évoluer la puissance de la Cyan, passant de 560 ch de série à 600 ch comme sur la Bugatti EB 110 SS (Super sport). Le couple était de 637 Nm. Les sorties du système d’échappement a été redessiné par Remus. Avec toutes ces modifications, la voiture passe de 0 à 100 km/h en seulement : 3,4 s (un très bon chiffre pour les années 1990). Sa vitesse maximale dépassait 350 km/h.

L’intérieur avait aussi été amélioré avec une plus grande utilisation de cuir soigneusement sélectionné. Il s’agissait d’un cuir bleu Bugatti recouvrant le tableau de bord et la console centrale et accentuant les lignes fluides de l’habitacle. Tous les panneaux d’instruments et de consoles étaient recouverts d’aluminium brossé et montraient une nouvelle tendance, tout en rendant hommage aux Bugatti d’avant-guerre. Ces panneaux en aluminium ont été développés par la société autrichienne Burg Design et amélioraient l’intérieur de la Rinspeed Bugatti Cyan avec une touche d’élégance et de sportivité.

L’équipement stéréo a été revu en intégrant du matériel HiFi haut de gamme Nackamichi, apprécié des mélomanes.

En avance sur son temps, ce modèle était équipée des dernières technologies de communication mobile fournies par le leader européen de l’époque – Nokia. Cela se matérialisait par une unité, un peu plus grand qu’un portefeuille et ne pesant que 197 g. La transmission n’était pas limitée qu’à la voix, mais gérait également les images et les données. Le kit d’installation mobile avec le kit main libre et un kit mains-libres supplémentaire équipaient la voiture. Grâce à un guidage facile et à un grand écran du Nokia 2110, l’utilisation du plus petit et plus léger téléphone de poche était très simple.

Le prix de vente de la Rinspeed Bugatti Cyan dépassait les 600 000 Francs suisses, incluant une garantie de 3 ans comprenant même les pneus.

La voiture portant le numéro de châssis 39051, construite à seulement 1 exemplaire, a été vendue à l’un des dirigeants de BBS de l’époque, à l’été 1994. Avec le temps, la voiture a repris ses caractéristiques et ses pièces d’origine pour se fondre parmi la centaine de Bugatti EB 110 produites.

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