MTM bimoto & bimoto evo – Une Audi TT à 2 moteurs développant jusqu’à 1 002 ch

MTM bimoto & bimoto evo – Une Audi TT à 2 moteurs développant jusqu’à 1 002 ch

Quand on parle d’Audi TT jaune et du préparateur MTM, on pense tout de suite à un monstre sur roues à 2 moteurs : le MTM TT bimoto pouvant développer plus de 1 002 ch dans sa version la plus puissante. La voiture a même été présenté à Paris à l’animateur radio Cauet, officiant à l’époque sur Fun Radio.

Le monde de la préparation automobile nous réserve parfois d’agréables surprises comme cette Audi TT Mk1 pour le moins originale et spéciale : le TT MTM bimoto dévoilé en 2001 et développant au démarrage du projet 652 ch pour monter quelques années plus tard à 1 002 ch.

Le MTM bimoto, probablement le véhicule le plus impressionnant conçu par le préparateur allemand spécialisé dans les marques du Groupe Volkswagen dont Audi, est basé sur l’Audi TT Mk1 et est équipé de deux moteurs à quatre cylindres suralimentés. La puissance cumulée de base – 652 ch – permet déjà des performances exceptionnelles. Grâce à de nouvelles modifications du moteur et de l’entraînement combiné, il est possible d’atteindre une puissance maximale de 1 002 chevaux.

Histoire
Le MTM bimoto s’intègre parfaitement dans la liste des véhicules spéciaux, exclusifs et, surtout, extraordinaires du préparateur bavarois. Une fois encore, les efforts de Roland Mayer pour obtenir plus de puissance moteur et la perfection redeviennent évidents.

Mercedes a créé une étude similaire (deux moteurs sur une A 190) via une équipe de 15 employés en 4 mois, ce qui équivaut à 60 mois pour 1 employé. MTM a développé le TT bimoto en seulement 50 mois pour 1 employé.

L’idée avec les deux moteurs semble audacieuse et présente de nombreux avantages par rapport à d’autres concepts. Pour un moteur V8 bi-turbo, par exemple, il aurait fallu choisir une configuration à moteur central, ce qui aurait nécessité le développement d’une boîte de vitesses spéciale et plus coûteuse pour transmettre la puissance aux quatre roues.

Pour piloter ses deux essieux, la MTM bimoto dispose de deux moteurs et de deux transmissions.

MTM TT bimoto : le premier projet
Sous la carrosserie légèrement modifiée d’une Audi TT de 1ère génération se cache plus que ce à quoi on pourrait s’attendre à première vue. À l’avant et à l’arrière, chaque essieu est propulsé par son propre moteur turbo à quatre cylindres de 1,8 litre. Une paroi en carbone avec lunette arrière intégrée sépare l’habitacle derrière les sièges avant du deuxième compartiment moteur situé à l’arrière. Il y a une duplication de presque touts les éléments. La première génération de bimoto était équipée d’une boîte de vitesses manuelle à six rapports, installée transversalement par rapport au sens de la marche, entraînant le moteur 1.8T de l’avant, idem pour l’arrière qui a sa propre boîte. Des boîtes à double embrayage étaient prévus mais finalement abandonnées. Un arceau cage soudé rigidifie tout le véhicule avec un châssis renforcé afin de recevoir le poids des deux moteurs et boîtes de vitesses.

Les moteurs avant et arrière fonctionnent indépendamment l’un de l’autre. La route agit comme une chaîne sur les deux unités d’entraînement. Tout est dupliqué, notamment les filtres à air et à huile, le radiateur d’eau, l’embrayage et la pompe à carburant. L’air superflu est renvoyé sous le plancher aérodynamique et est destiné à améliorer le rendement à l’arrière du véhicule, en particulier dans la plage de vitesses élevées à l’aide d’un diffuseur. Une lèvre en carbone prononcée sur l’aileron arrière du mtm bimoto sert également à cet effet.

La lunette arrière allégée et transparente, semblable à celle d’une Ferrari 360 Modena, offre un aperçu de la technologie du deuxième moteur.

Les deux moteurs sont loin de développer la puissance de série. Stable et également adaptée à une utilisation quotidienne, la puissance cumulée passe à 740 ch en cours du projet, soit 370 ch pour chaque moteur. La dernière évolution offrait une puissance cumulée de 860 ch, soit 430 ch par moteur.

En fin de compte, le client pouvait avoir le choix de la variante de performance ou de l’utilisation du véhicule qu’il décide.

L’objectif est de doter la voiture d’un comportement de conduite calculable à tout moment. Cela ne doit pas surprendre le conducteur avec un passage de sous-virage à survirage, mais la voiture doit avoir tendance à survirer. À Wettstetten, siège de MTM, les capteurs série du système ABS sont primordiaux. La surveillance de la vitesse sur les quatre roues permet, via le calculateur des moteurs, d’intervenir précisément dans le comportement de conduite du bimoto. Par exemple, en cas de patinage sur l’essieu avant, la puissance est reprise sur le quatre cylindres avant pour éviter le sous-virage. Les problèmes de traction et les efforts de l’essieu avant entraînés dans la direction sont également évités.

Un gros réservoir de carburant de 82 litres, situé entre les sièges et le moteur, permet d’alimenter les deux moteurs fonctionnant au SP98. Le remplissage se fait du côté gauche via une trappe situé dans la custode latérale. La trappe de carburant d’origine n’est pas utilisée.

Un système de freinage Brembo est monté à l’arrière, sur des jantes en alliage de 19 »x8,R forgées – les fameuses jantes bimoto développées par MTM, chaussées de pneus Continental en 235/35 R19. Les disques ventilés  à l’avant en 355 x 32 mm y sont serrés par un étrier à quatre pistons. Sur l’essieu arrière, les disques de frein sont en 330 x 32 mm avec un étrier à quatre pistons.

L’intérieur est assez proche de l’Audi TT de série, hormis les deux sièges baquets Recaro en cuir noir et Alcantara jaune associés à des ceintures à six points et surtout le combiné d’instrument spécifique à cette voiture avec des afficheurs doublés, propres à chaque moteur.

Pour mettre en route la voiture, le conducteur doit démarrer les deux moteurs séparément en appuyant sur deux boutons, situés au centre du tableau de bord et parfaitement intégrés au design intérieur du TT.

Le conducteur peut visualiser séparément sur le tableau de bord les données de chaque moteur (comptes tours, vitesse digitale, température de l’huile de chaque moteur…). Encore une fois, tout a été doublé!

Pour le moteur arrière, l’alimentation en air de celui-ci fut possible par la présence d’entrées d’air situées avant le train arrière puis via le toit. Le pot d’échappement à trois sorties regroupe les 4 sorties des gaz d’échappement (deux au milieu et une de chaque côté).

Pour ceux qui souhaitent partir en voyage avec, il faudra penser à faire transporter les bagages car le coffre s’est transformé en compartiment moteur. Peu de place reste disponible dans l’habitacle.

MTM TT bimoto evo de 2007
En 2007, MTM a présenté le TT bimoto evo en tant que voiture de record avec une puissance cumulée de 1 002 ch, soit 501 ch par moteur à quatre cylindres d’origine Audi, dont la cylindrée était portée à 2,0 litres, associés à des turbos de grande taille et une nouvelle aérodynamique (grosse entrée d’air sur le toit,  entrées d’air latérales agrandies, aileron arrière transversal, spoiler, diffuseur). Cette voiture a atteint 393,26 km/h sur le circuit de Nàrdo en Italie, en-dessous de l’objectif des 400 km/h afin de titiller les performances de la Bugatti Veyron.

Pesant 1 490 kg, le 0 à 100 km/h est atteint en moins de 3,0 s et sa vitesse maximale est de 393 km/h.

Le prix du modèle de base était défini à 127 823 euros, alors que les coûts de développement du prototype ont dépassé les 600 000 euros. Une petite série d’environ 10 véhicules était prévue. En option, une suspension de course ou des pièces de suspension de course pouvaient être commandées. La voiture n’a finalement pas été commercialisée et est restée un projet unique.

Photos : 4Legend.com / MTM

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