
Volkswagen a choisi le Mondial de l’Auto 2026 pour la première apparition publique à Paris du tout nouvel ID. Tiguan. Deux exemplaires sont exposés sur le stand de la marque : l’un en blanc Glacier, l’autre en Bronze Olive. Ce SUV 100 % électrique succède aux ID.4 et ID.5 et ouvre un nouveau chapitre de la famille ID.

Le successeur des ID.4 et ID.5
L’ID. Tiguan reprend la place des deux SUV électriques de Volkswagen, l’ID.4 (SUV classique) et l’ID.5 (SUV coupé). Comme pour l’ID. Polo, ce nouveau véhicule électrique emprunte un nom issu du catalogue thermique. Le Tiguan est l’un des plus grands succès commerciaux de la marque, et Volkswagen veut manifestement transférer cette notoriété à son SUV électrique.
Dans son communiqué, le constructeur résume l’ambition du modèle en trois points : un design affirmé, des technologies numériques de dernière génération et une montée en gamme. L’ID. Tiguan incarne ainsi, selon Volkswagen, sa nouvelle vision des SUV électriques.

Un design plus affirmé
Face avant
Le dessin de l’ID. Tiguan paraît plus tendu et plus expressif que celui des ID.4 et ID.5. Sur l’exemplaire blanc, la signature lumineuse est le premier élément marquant : une fine barre lumineuse horizontale court d’un côté à l’autre de la face avant et vient se loger dans des optiques effilées. Le logo Volkswagen est intégré à cette bande. En dessous, un bouclier très noir encadre de grandes entrées d’air verticales de chaque côté, ce qui donne à la face avant un aspect robuste et plus masculin que les ID. précédentes.
Profil
La ligne de toit descend en pente douce vers l’arrière. Les passages de roues sont soulignés par de larges protections en plastique noir, prolongées par un bas de caisse noir. Cela donne une posture de SUV bien campée, sans excès. Sur l’exemplaire blanc, les vitres arrière sont fortement teintées et le toit panoramique est contrasté en noir.

Face arrière
C’est probablement la partie la plus travaillée. Un bandeau lumineux d’un bord à l’autre souligne la largeur de la voiture. Le logo Volkswagen s’y illumine en son centre, et la lettre « ID. TIGUAN » est apposée à droite, sous la lunette. Le bas du bouclier arrière est lui aussi traité en noir, pour rappeler la face avant.
Jantes
Les deux exemplaires portent des jantes différentes, ce qui permet de voir deux ambiances. Le blanc est chaussé de jantes noires à rayons fins et dynamiques. Le Bronze Olive présente des jantes aérodynamiques à ailettes, alternant noir et argent, plus tournées vers l’efficience.

Deux exemplaires, deux ambiances
L’exemplaire blanc est le plus sportif d’allure : jantes noires, toit contrasté, face avant bien marquée. Il se pose en vitrine de l’ID. Tiguan dans une tenue classique.
Le second exemplaire est plus surprenant. Sa teinte métallisée, à mi-chemin entre le moutarde, l’olive et l’or, change beaucoup selon l’éclairage. Elle fait ressortir les lignes de la caisse et tranche avec les coloris très sages auxquels l’électrique nous avait habitués.

Un habitacle très numérique
L’intérieur est l’autre grand sujet de cette première apparition.
Poste de conduite
Le volant est un point d’attention immédiat. Il est de forme rectangulaire, aplati en haut et en bas, plus proche d’un « yoke » que d’un volant rond. Il est équipé de commandes tactiles et de boutons sur les branches, avec le logo Volkswagen au centre. Derrière lui se trouve un combiné d’instruments numérique de format allongé, qui reste lisible malgré sa finesse.
Écran central
Un grand écran tactile, installé en position haute au centre du tableau de bord, regroupe la navigation, la radio, la climatisation et les informations de conduite. L’interface se distingue surtout par un thème graphique très particulier, évoquant le Golf IV.
Commandes physiques
Sous l’écran, une rangée de touches physiques (feux de détresse, climatisation, dégivrage…) a été conservée. Ce choix répond aux critiques adressées aux précédentes ID., trop dépendantes du tactile.

Écran passager
Côté passager, le tableau de bord abrite un second écran qui s’étend sur une bonne partie de sa largeur. Proposé en option, il permet au passager de profiter de son propre environnement de divertissement.
Ambiance
L’ensemble est traité dans des tons sombres, avec des sièges en microfibre gris à surpiqûres claires, et un motif matelassé sur l’exemplaire blanc. Un éclairage d’ambiance rouge souligne le tableau de bord et les portes, et de petits anneaux lumineux roses entourent les porte-gobelets de la console centrale. La console est haute, avec un accoudoir généreux et un grand espace de rangement. Le moquette épaisse au sol participe à l’impression de montée en gamme que Volkswagen revendique.

Un thème rétro qui fait revivre la Golf IV
C’est le détail qui nous a le plus amusés dans l’habitacle. L’interface peut se régler sur un thème nostalgique qui reprend les codes visuels de la Volkswagen Golf IV, une voiture qui a marqué son temps.

Le combiné d’instruments
L’écran numérique derrière le volant reproduit l’apparence d’une instrumentation analogique des années 1990-2000. Deux grands cadrans à fond sombre et chiffres bleu clair, avec de fines aiguilles rouges, simulent le compteur de vitesse, gradué jusqu’à 240 km/h, et le compte-tours. Un petit afficheur central rappelle l’écran d’information des anciennes planches de bord. Cette ambiance évoque nettement l’éclairage bleu et rouge des instruments de la Golf IV, ce qui est un joli clin d’œil sur une voiture entièrement électrique.

L’écran central
Le thème se prolonge sur l’écran central tactile. Un widget radio affiche des boutons rotatifs rouges, un afficheur de station et une apparence d’autoradio d’époque. Il fait référence aux autoradios Volkswagen Gamma que l’on trouvait dans les compactes de la marque. Juste en dessous, une petite scène met en avant divers véhicules Volkswagen dont une Golf IV rouge et une Golf Country. Enfin, les widgets « Recharge » et « Données de conduite » prennent l’aspect de petits afficheurs à cristaux liquides rétro-éclairés en bleu, qui rappellent les ordinateurs de bord des anciennes Volkswagen. Une inscription « Volkswagen Car Computer » renforce cette référence. Afin d’accéder à ce thème, il suffit de cliquer sur le trait horizontal en haut de l’écran ouvrant un menu. Sans connaître cette astuce, le temps pour la trouver peut être long. L’expérience a été menée sur place auprès de diverses personnes : aucune n’a trouvé !

Pourquoi c’est intéressant
Au-delà de l’anecdote, ce thème montre que la nouvelle interface de Volkswagen est personnalisable et que la marque joue la carte de l’héritage. L’idée est cohérente avec le discours de Volkswagen au Mondial, où la Golf GTI fêtait ses 50 ans et où les ID. Polo GTI et ID.3 GTI prolongent l’esprit GTI à l’ère électrique.

Puissances, batteries, autonomie et recharge
Le Volkswagen ID. Tiguan est proposé avec trois chaînes de puissance de 190, 286 et 299 ch. Il repose sur la plateforme MEB+, une évolution de l’architecture de l’ID.4.
ID. Tiguan Pure : 190 ch
C’est l’entrée de gamme, avec une batterie de 58 kWh de technologie LFP, une autonomie annoncée jusqu’à 450 km en cycle WLTP et une puissance de recharge maximale de 105 kW. Le couple est de 350 Nm. Il faut environ 26 minutes pour passer de 10 à 80 % de batterie.
ID. Tiguan Pro : 286 ch
Cette version reçoit la grande batterie de 77 kWh. Son autonomie atteint jusqu’à 600 km (WLTP), et la recharge rapide monte à 165 kW. Le couple est de 545 Nm. Volkswagen annonce une recharge de 10 à 80 % en 29 minutes.
ID. Tiguan Pro 4MOTION : 299 ch
Cette variante à transmission intégrale conserve la batterie de 77 kWh et la recharge à 165 kW, mais son autonomie descend à 560 km (WLTP). C’est l’effet de la transmission intégrale sur la consommation.
Recharge
La recharge en courant alternatif atteint 11 kW pour la recharge à domicile ou sur borne classique. Volkswagen mise sur l’optimisation de la courbe de recharge pour compenser une puissance de pointe inférieure à celle de certaines versions de l’ID.4. Sur des bornes de forte puissance, la puissance maximale est atteinte à à 165 kW.

Une recharge rapide en retrait face à la concurrence
C’est le point qui nous déçoit le plus sur le papier. Le VW ID. Tiguan Pure plafonne à 105 kW en courant continu, et les autres versions à 165 kW. Pour un SUV électrique familial annoncé fin 2026, ces valeurs paraissent modestes face à ce que propose désormais la concurrence sur le même segment.
Les rivaux directs rechargent nettement plus vite. Le Skoda Enyaq, pourtant cousin de plateforme, accepte 175 kW. Le Tesla Model Y accepte 250 kW, pour environ 20 minutes de 0 à 80 %. Le Hyundai Ioniq 5 s’appuie sur une architecture 800 volts, qui recharge bien plus vite que la plateforme 400 volts du Model Y. Plus haut en gamme, le XPENG G6 annonce 451 kW et 12 minutes pour passer de 10 à 80 %.
Les temps de charge annoncés par Volkswagen sont corrects, mais sans plus. Il faut environ 26 minutes pour passer de 10 à 80 % sur la version Pure, et 29 minutes sur la Pro. Sur un long trajet, c’est un arrêt plus long que celui d’un Ioniq 5 ou d’un XPENG G6, ce qui peut peser dans le choix d’une famille qui part souvent en vacances sur autoroute. ou une personne faisant beaucoup de déplacements.
Volkswagen répond en misant sur la courbe de recharge plutôt que sur la puissance de crête. La marque dit optimiser cette courbe pour compenser une puissance maximale inférieure à celle de certaines versions de l’ID.4. L’argument se tient, car ce n’est pas le pic qui compte, mais le temps réel passé à la borne.

Une trappe de charge repensée
Le VW ID. Tiguan inaugure une nouvelle trappe de charge, qui s’ouvre dorénavant vers le haut et non plus vers l’avant comme sur de nombreux modèles VW (ID.3, ID.4, ID.5, ID. Buzz). Le changement paraît anecdotique, mais il a deux intérêts pratiques au quotidien.
Le premier est la facilité de branchement. Une trappe qui pivote vers l’avant a tendance à se placer dans l’axe d’approche de la main et du câble, et il faut la tenir ou la contourner au moment de présenter le connecteur. En s’ouvrant vers le haut, la nouvelle trappe dégage l’accès à la prise. Brancher un câble de charge, souvent lourd et rigide, devient plus simple, y compris quand on a les mains prises ou qu’on se branche dans un endroit un peu exigu.
Le second est la protection en cas de pluie. Une fois relevée, la trappe forme un petit auvent au-dessus de la prise et la protège des gouttes pendant que l’on branche ou débranche le câble. C’est un vrai plus par temps humide, quand on doit manipuler le connecteur à l’extérieur, et cela limite l’eau qui s’infiltre dans la prise.
La trappe est située sur l’aile arrière droite, au-dessus de la roue, sous la forme d’un petit panneau rectangulaire parfaitement intégré à la carrosserie.

Le point de vue de la rédaction
Cette première rencontre avec l’ID. Tiguan est plutôt convaincante. Le design est plus abouti que celui de l’ID.4 : la signature lumineuse est reconnaissable de loin, la face arrière est travaillée, et la présence est plus robuste. La teinte Bronze Olive de lancement nous a particulièrement plu, car elle donne du caractère à une silhouette qui aurait pu rester très consensuelle.
À l’intérieur, le retour de touches physiques sous l’écran est une bonne nouvelle pour l’ergonomie. Le volant au dessin carré sera sans doute plus clivant. La qualité perçue semble en progrès sur ces exemplaires de salon, mais il faudra la confirmer sur des voitures de série.
Parmi les bonnes idées, nous retenons aussi la nouvelle trappe de charge. Elle s’ouvre vers le haut, ce qui dégage l’accès à la prise et facilite le branchement du câble tout en protégeant la prise de la pluie pendant la manipulation. C’est un détail simple, mais c’est typiquement le genre de point qui améliore l’usage quotidien d’une voiture électrique, et que l’on apprécie surtout les jours de mauvais temps.
Reste l’essentiel : l’autonomie, la performance de recharge et surtout le prix. C’est là que se jouera la réussite de l’ID. Tiguan, qui reprend un nom très porteur mais devra convaincre dans un segment des SUV électriques très disputé. La recharge plus lente est un vrai frein potentiel face à des concurrents plus rapides, d’autant que l’ID. Tiguan se vend aussi sur l’argument du voyage en famille.
Photos : Sylvain Richard – 4Legend.com































