Rétromobile 2015 – Trois Bugatti Royale exposées pour la première fois

Rétromobile 2015 – Trois Bugatti Royale exposées pour la première fois

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Pour la première fois, la Cité de l’Automobile de Mulhouse présente ses trois « Bugatti Royale » au salon Rétromobile 2015. Les plus grandes, les plus belles, les plus extraordinaires, les plus fabuleuses…

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Bugatti n’ayant construit que 6 Bugatti Royale, admirer 3 Bugatti Royale réunies ensemble pour la première fois dans un salon est un moment unique et qui ne se reproduira pas avant longtemps.

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Les voitures sont dans un état exceptionnel et leur taille montre la démesure de l’époque. Les voitures sont hors normes avec des roues immenses et un capot à perte de vue.

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Bugatti a voulu construire une voiture pour les Rois, il y est arrivé mais aucun Roi ne l’a achetée…

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Malgré ses dimensions de géante, 6,5 m de long pour un poids de 3 tonnes la Bugatti Royale reste sublime et élégante. Le moteur 8 cylindres en ligne est à lui seul une oeuvre d’art. Ce « monolithe de métal poli » développe 250 cv pour une cylindrée de 12,76 litres. L’énorme couple propulse rapidement la bugatti Royale à plus de 150 km/h.

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Les trois Bugatti Royale :

La Bugatti Royale Coupé Napoléon de 1929 : « La voiture du Patron » – Châssis 41.100

Si jamais une automobile mérite d’être qualifiée de chef d’oeuvre, c’est bien la Bugatti Royale. La mécanique est très impressionnante : le moteur, un 8 cylindres en ligne de près de 13 litres développe une puissance de 300 ch lui permettant d’emmener cet engin de presque trois tonnes à une vitesse de pointe de 200 km/h. Sa consommation est d’une cinquantaine de litres au 100 km!!! Une bagatelle au regard du prix de la voiture la plus chère du monde.

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Cet exemplaire, dénommé « Coupé Napoléon », était la voiture personnelle d’Ettore Bugatti. Elle est restée la propriété de l’usine jusqu’à son rachat par Fritz Schlumpf. La carrosserie a été réalisée d’après un dessin fait par Jean Bugatti, le fils d’Ettore, à l’âge de 20 ans. Elle équipe le premier châssis définitif « Royale » qui reçoit le même numéro 41.100 que le châssis prototype de 1927 détruit dans un accident.

Revenons sur l’histoire mouvementé de ce fameux premier châssis.

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Le premier châssis de la Bugatti Royale, le 41.100, fut terminé en 1926. Ettore Bugatti était pressé de faire les essais et pour gagner du temps il acheta un gros torpédo Packard, fit démonter la carrosserie qui fut aussitôt remontée sur la châssis de la Royale. Les premiers essais furent à la hauteur des ambitions du Patron. La voiture était puissante, fiable et l’énorme moteur 8 cylindres propulsait la Royale a plus de 150 km/h sans faiblir.

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Le premier châssis 41.100 a reçu une troisième carrosserie d’usine. C’était une berline assez baroque à l’allure de voiture hippomobile si chère à Ettore Bugatti.

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Le carrossier Weymann réalisa un superbe coupé deux portes. Cette carrosserie fut la quatrième à habiller le premier châssis de Royale n°41.100. Cette splendide automobile reçue une luxueuse malle arrière en cuir signée Hermès.
Sur la route de Toul, Ettore Bugatti s’endormit au volant et la Bugatti Royale fit une embardée pour finir sa route dans le fossé. La Bugatti Royale, très gravement accidentée, ne fut jamais réparée. Le châssis détruit fut remplacé par un nouveau qui porta le même numéro et qui, par la suite, recevra l’extraordinaire carrosserie « Coupé Napoléon ».

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La Bugatti Royale Coupé Napoléon de 1929 de 6 mètres de long possède un équilibre et une fluidité remarquable. Tous les principes esthétiques que Jean Bugatti appliquait par la suite aux modèles courants de la marque se trouvent déjà réunis sur cet immense coupé, dont l’harmonie des volumes, des lignes tendues et des courbes ne révèlent pas instantanément la taille hors du commun. Le tracé des ailes avant, réalisées d’une seule pièce, est en soi une prouesse artistique unique.

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La dissimulation du cadre du châssis par les joues des ailes avant, l’aspect très dégagé de l’essieu tubulaire poli et les portions transparentes du pavillon du compartiment arrière sont parmi les particularités qui font considérer cette réalisation unique comme la plus belle voiture classique de tous les temps.

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La Bugatti Royale devait être pour Ettore Bugatti le summum, le modèle qui surpasserait en puissance, en qualité et en renommée toute la production de la concurrence. Hélas, cette lourde voiture (2,9 t) construite pour les rois ne reçut pas l’accueil escompté : six exemplaires seulement furent fabriqués.

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Cet échec a mis en danger l’entreprise, sauvée de justesse grâce au réemploi des moteurs dans un autorail (visible à la Cité du Train de Muhouse) considéré comme l’ancêtre du TGV.

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La Bugatti Royale Roadster Esders de 1932 – Châssis 41.111

L’industriel de l’habillement Armand Esders commanda un châssis de Royale en 1932. Le châssis 41.111 fut livré à Armand Esders le 4 avril 1932. C’est Jean Bugatti qui dessina une étonnante carrosserie de roadster deux places pour une voiture de 6,50 m. La voiture était sublime, peinte en deux tons de vert.

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Elle pouvait facilement atteindre plus de 180 km/h. Armand Esders ne conduisant jamais de nuit, la voiture ne comporte pas de phares fixes. Cette version est considérée comme étant l’une des plus belles carrosseries de Jean Bugatti.

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Cette Royale fut revendue et son nouveau propriétaire changea la carrosserie. Il fit habiller le grand châssis par la carrossier parisien Henri Binder en coupé chauffeur très classique. La voiture était alors blindée et pesait 4,5 t. Elle était destinée au roi de Roumanie mais ce dernier ne l’avait pas prise.

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La voiture devient par la suite la propriété de Raymond Patenôtre, alors Ministre d’Etat. Il se rendait alors régulièrement au palais de l’Elysée à son bord.

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Aujourd’hui la Bugatti Royale Roadster Esders appartient à Bugatti Automobiles SAS. La reconstruction du Roadster Esders a été assemblée et achevée en 1991 par le musée National de la Cité de l’Automobile de Mulhouse. Le moteur provient d’un autorail Bugatti. Le bloc est identique au moteur de la Bugatti Royale à la différence qu’il n’est pas équipé du double allumage.

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L’essentiel des éléments mécaniques proviennent des réserves du musée. Ces pièces étaient à l’origine stockées à l’usine Bugatti et ont été rachetées par Fritz Schlumpf.

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La Bugatti Royale Limousine de 1933 – Châssis 41.131

Cette Bugatti Royale est sans doute la plus austère des six Bugatti Royale existantes. Son châssis 41.131 est le dernier des trois qu’Ettore bugatti réussit à vendre avant la Guerre.
L’acquéreur de ce 3ème châssis est un gentleman de Londres, le Captain Cuthbert Foster, qui a reçu le châssis le 30 juin 1933. Puis il l’a confié au carrossier anglais Park Ward.
Celui-ci créé une limousine au style typiquement britannique. Pour les anglais, un objet de très grand prestige doit nécessairement faire preuve d’une grande sobriété. La voiture a une allure sévère mais les lignes sont pures et les grandes surfaces vitrées font oublier les dimensions géantes de la Bugatti Royale.

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La construction a débuté en 1933 et, selon la règle, Jean Bugatti s’est rendu en Angleterre pour visser le bouchon de radiateur orné de l’éléphant en argent massif et a mis la voiture en marche.

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Le Captain conserve sa Royale, surnommée Golden Bug, jusqu’en 1946. Il l’a cédé au spécialiste et grand négociant anglais de Bugatti, Jack Lemon Burton. L’tilisant fréquemment, il fit retailler le bout des ailes avant, ce qui allégea l’allure massive de la voiture. Elle a été pendant plusieurs années l’image de marque de Burton qui l’a beaucoup utilisée.

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Elle a été par la suite vendue à un collectionneur américain de l’Illinois avide de Bugatti, John W.Shakespeae. Avec sa Royale, cet amateur a effectué plusieurs traversées des États-Unis du Nord au Sud, toujours sans ennui.

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Malheureusement, il n’en était pas de même pour sa situation financière qui le contraignait à se défaire de sa collection de Bugatti vers 1963. L’acquéreur de l’ensemble du lot de quelques 30 voitures n’était autre que Fritz Schlumpf. C’est ainsi que la Bugatti Royale Park Ward a pris le chemin de Mulhouse.

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A son arrivée au musée, la carrosserie a été séparée du châssis. Elle a reçu une nouvelle garniture intérieure spécialement tissée pour elle.

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