ad-728-rotation
ad-728-rotation
Porsche 550 Durlite MkIII de 1959 – Un modèle unique sur la base de la 550 Spyder 550-0059 de 1955

Porsche 550 Durlite MkIII de 1959 – Un modèle unique sur la base de la 550 Spyder 550-0059 de 1955

ad-728-mannes

Les évènements comme les Classic Days 2018 permettent de découvrir des voitures méconnues et uniques comme la Porsche 550 Durlite MkIII de 1959 (châssis 550-0059) qui a une histoire bien particulière, appartenant à l’allemand Albert Otten.

Durlite – des modèles construits par Bob Webb
Durlite était le nom donné par Bob Webb à ses voitures uniques dotées de moteurs Porsche et d’une carrosserie en aluminium.

Les Durlite Special (MkI & MkII) et 550 Durlite (MkIII) ont été conçues et construites par Bob Webb d’lndianapolis. Webb a servi en tant que machiniste aéronautique pendant la Seconde Guerre mondiale et était un mécanicien et un fabricant qualifié. Il était aussi un pilote automobile passionné.

Durlite Special (MkI)
La première voiture de Webb, la Durlite Special (MkI), a été construite entre 1956 et 1958. La Special a été construite sur un châssis tubulaire spécialement conçu par Webb, utilisant des éléments de suspension Porsche. La voiture de course, motorisée par une Flat 4 d’origine Porsche a reçu une superbe carrosserie en aluminium polie. Cette ernière avait deux sortes d’ailerons latéraux. La voiture a participé en 1957 dans cette configuration aux courses de Stout Field à Indianapolis et à Lawrenceville dans l’Illinois.

Durlite Special (MkII)
Pour la saison 1958, le pilote Jim Ray, qui avait acheté la voiture à Webb, était devenu le pilote de la Durlite Special dans les courses SCCA (Sports Car Club of America). La voiture avait alors reçu un moteur de Porsche Carrera, le Flat 4 Type 547 de 1498 cm3 et développant 110 ch, conçu par Ernst Fuhrmann et accouplé à une boîte de vitesses manuelle à 4 rapports. Ne pesant que 354 kg, grâce en partie par sa carrosserie en aluminium, la voiture avait un énorme potentiel. Lors de la course de Road America en juin 1958, la voiture fut lourdement accidentée et irrécupérable.

Porsche 550 Durlite MkIII de 1959
Un an plus tard en 1959, Bob Webb a été sollicité par le pilote Bob Staples d’Indianapolis afin de construire une seconde voiture inspirée de la Durlite Special, suite au crash à l’été 1959 de sa Porsche 550 Spyder (châssis 550-0059) de 1955.

La Porsche 550 Spyder de 1955, châssis 550-0059 et carrossée par Wendler, a été produite le 12 août 1955, équipée du moteur Flat 4 n°90064 et de la boîte de vitesses n°10052. Livrée le 1er juillet 1955 à Max Hoffman aux Etats-Unis (l’importateur Porsche de l’époque), elle avait à l’origine une carrosserie blanche avec des sièges rouges. Elle fut vendue par la suite à Bob Staples afin de la piloter en SCCA en 1958 sous le numéro 71 à la course Road America 500 où elle a terminé 2ème. Elle participa ensuite de 1958 à 1959, toujours avec Bob Staples au volant, à diverses courses américaines sous les numéros 77, 7 & 27 sans monter sur le podium.

Suite à son accident, Bob Staples n’avait pas les fonds afin d’en racheter une et s’est donc tourné vers Webb pour reconstruire avec l’aide financière de quelques amis sa voiture de course tout en l’améliorant.

Une base de Porsche 550 Spyder avec un moteur 1600 de RSK
La base de la voiture était un châssis tubulaire en acier au chrome-molybdène, copié sur la Porsche 550 Spyder d’origine. Le réservoir de carburant en aluminium enduit de plastique était placé du côté droit afin d’avoir un juste équilibre.

Le moteur était un 1600 issu de la RSK avec des pistons légers Mahle, différents carburateurs et d’autres modification, lui permettant de développer entre 140 et 165 ch.

Le sous-châssis arrière est boulonné pour faciliter les changements de moteur, car il est extrêmement difficile d’installer ou d’extraire le moteur, mais avec ce sous-châssis, c’est beaucoup plus facile. La pièce la plus proéminente est le refroidisseur d’huile de boîte de vitesse qui traverse le dessus de la boîte de vitesse. Les rapports de démultiplication sont les mêmes pour la période, bien que Porsche ait fait beaucoup de changements à ce moment-là, particulièrement pour Les 24 Heures du Mans avec ses longues lignes droites.

Les roues, les freins à tambour, la suspension avant proviennent aussi de la 550 RS. Ses pneus de course Dunlop sont en 500L-15 à l’avant et en 550L-15 à l’arrière.

Une carrosserie en aluminium en avance sur son temps
Le créateur de la Porsche 550 Durlite MkIII – Bob Webb – était obsédé par le flux d’air, de sorte qu’il avait créé une carrosserie avec un arrière tronqué qui donnait non seulement une apparence bien plus extrême à la Porsche 550 Spyder, mais qui produisait aussi beaucoup moins de pression à l’avant. La nouvelle carrosserie en aluminium créée est ainsi la spécificité de cette Porsche 550 A Durlite MkIII de 1959.  Durlite a ainsi créé une carrosserie qu’aucune autre Porsche n’a jamais portée.

Le signe le plus distinctif de cette voiture est son nez court, profond et abrupt, qui se confondait presque totalement avec les ailes avant. Cet avant produisait ainsi moins de portance frontale, ce qui était plutôt inhabituel à cette époque. Mais Durlite pensait également qu’une bonne aérodynamique ne pouvait se concevoir sans penser à l’arrière. L’utilisation de l’aluminium lui permit de concevoir un arrière « découpé » basé sur le concept dit « Kammback ».

Le capot au-dessus des trompettes d’entrée était lui-aussi en avance sur son temps – un précurseur des Porsche F2 de 1962 et de la Porsche 718 RS 61 W-RS Spyder de 1963.

Porsche s’est approchée de cette forme spécifique qu’en 1971 avec la Porsche 908/3 et la Durlite MkIII a même influencé le prototype Ferrari 250P de 1963.

À mesure que la conception des voitures de course évoluait au cours des années 1960, des innovateurs comme Chaparral et Lotus ont commencé à prendre très au sérieux l’aérodynamique, dans le but d’exploiter la force de l’air en introduisant de gros ailerons arrière. À la fin de la décennie, la forme en coin de la Durlite était devenue quasiment universelle.

Les deux conduits dans le nez (en-dessous des phares) servent à refroidir les freins avant et la partie surélevée du capot moteur est conçue pour permettre une alimentation en air maximale des carburateurs. Les lèvres des passages de roues arrière sont évasées pour éviter aux pneus de frotter dans les virages.

La reconstruction et l’amélioration de la voiture a donné naissance à la Porsche 550 Durlite MkIII qui a coûté 2400 dollars, étant moins cher que d’acheter une nouvelle Porsche 550 Spyder. Cet exemplaire unique à l’avant simplifié et à l’arrière spécifique a donné à la Porsche 550 Durlite Spyder une avance de 10 ans sur tout autre modèle de course.

Découverte aux États-Unis et restauration complète
En 1993, cette voiture fut retrouvée dans l’Illinois en très mauvais état et fut vendue à un allemand qui l’a rapatriée chez lui en Allemagne. La voiture fut entièrement restaurée entre 1999 et 2001 par la société allemande NostalgiCar, spécialisée dans la restauration de voitures dotées notamment de carrosserie en aluminium.

Bien que propulsé à l’origine par un moteur RSK, la voiture a retrouvé un moteur de 356 plus fiable.

La carrosserie est toujours en aluminium nu non peint, et les fixations sont toutes des fixations d’époque. À l’avant, il y a un très petit sous-châssis dans le nez de la voiture et l’entrée d’air pour le radiateur d’huile est située ici, tandis que les conduits de frein canalisent l’air directement sur les tambours. Tout est très soigné, mais en réalité de conception très simple. Les phares sont sans rapport avec la Porsche 550 mais font le travail, et le volant, les miroirs, l’appareillage et l’instrumentation sont des éléments d’époque appropriés.

Le réservoir d’huile se trouve à droite du cockpit car il s’agit d’un moteur à carter sec et le réservoir de carburant est devant le cockpit et sur le côté droit, ce qui, avec le poids du conducteur à gauche, aide l’équilibre de la voiture. L’arceau non d’origine a été installé pour protéger le pilote et permet de fixer le harnais du siège. Le pare-brise enveloppant en plexiglas est peu incliné, mais le côté passager du cockpit peut être recouvert d’un plateau en aluminium qui aide à la circulation de l’air.

Une carrosserie très aérodynamique qui a intrigué Audi des décennies plus tard
Un aspect intéressant et important est cette carrosserie en aluminium plus aérodynamique que celle de la Porsche 550 originale. Mais alors, quelle était la qualité du design de la Durlite MkIII? La réponse n’est pas venue de Weissach ni de Bob Webb, mais du constructeur Audi, curieux de faire des comparaisons avec l’évolution de l’aérodynamique et des coefficients de traînée.

Lorsque la restauration de la voiture fut terminée, Audi a contacté NostalgiCar afin de leur demander s’ils pouvaient la mettre dans leur soufflerie et faire des tests d’aérodynamique. C’était la période où Audi était engagée en endurance avec son Audi R8.

La demande fut assez inhabituelle, notamment ne venant pas de Porsche mais d’un autre constructeur son rapport direct à l’époque. L’objectif d’Audi était de comparer l’aérodynamique d’une voiture conçue il y a plus de 50 ans par rapport à leur nouvelle voiture de course, l’Audi R8. Les ingénieurs d’Audi ont été stupéfaits de constater que le nez ne s’est pas levé avant que la vitesse théorique n’atteigne 308 km/h. Cette carrosserie était ainsi très en avance pour son époque. La carrosserie présentait une très faible traînée lui conférant de plus grandes vitesses et un meilleur comportement sur la piste.

Photos : 4Legend.com / D.R.

About The Author

Passionné de tout ce qui roule, vole et flotte.

Related posts

Leave a Reply