Essais exclusifs sur 10 000 km du pneu hiver Michelin Alpin 6 – Efficace et endurant

Essais exclusifs sur 10 000 km du pneu hiver Michelin Alpin 6 – Efficace et endurant

Pour l’hiver 2018-2019, j’ai décidé de rouler au quotidien avec les nouveaux pneus hiver Michelin Alpin 6, qui n’ont pas encore été réellement testés par la presse, notamment sur de la longue durée : 4 mois et 10 000 km. Alors que valent-ils en toutes situations? Voici le premier test de ce nouveau pneu annoncé par son fabricant comme innovant.

Depuis 3 ans j’ai pris pour habitude de tester un nouveau pneu hiver à chaque saison afin de vous donner mon avis en toute indépendance, ayant acquis une certaine expérience dans le test de pneumatiques. A ce jour, aucun test n’a été fait avec ce nouveau pneu hiver, du fait que les tests pour la saison 2018-2019 ont été réalisées par des organismes indépendants l’hiver dernier alors que Michelin ne l’avait pas encore commercialisé. Ainsi, les premiers résultats de tests comparatifs viendront à l’automne 2019 pour la prochaine saison. Je vous présente donc en exclusivité les retours de ce premier test de longue durée, en me basant sur mon expérience avec les pneus Michelin Alpin 5 et Continental WinterContact TS 860.

Présentation du pneu hiver Michelin Alpin 6
Cela fait longtemps que j’attendais d’essayer ce nouveau pneu hiver développé par Michelin, remplaçant l’Alpin 5 essayé sur des dizaines de milliers de kilomètres.

Le pneu hiver Michelin Alpin 6 s’adresse à un grand nombre de véhicules, de la citadine à la berline en passant par quelques SUV légers. Il touche ainsi un très grand nombre d’utilisateurs, principalement en Europe.

En plus d’offrir d’excellentes performances de traction, d’accélération et de freinage notamment sur la neige et sur le mouillé avec une longévité 20% plus importante en moyenne que ses concurrents (Bridgestone Blizzak LM001 Evo, Continental WinterContact TS 860, Dunlop Winter Sport 5, Goodyear Ultra Grip 9, Pirelli Cinturato Winter et Nokian WRD4), l’Alpin 6 propose un intérêt fort par sa conception lui permettant d’être aussi performant qu’il soit neuf ou usé au témoin.

Sur ce dernier point, il faudra attendre plus longtemps pour continuer à l’user et à le tester jusqu’à ses limites.

Le grip du pneu a été fortement amélioré, notamment lorsqu’il est usé, grâce à l’introduction d’une nouvelle sculpture à fort taux d’entaillement, qui évolue et se régénère au fur et à mesure de l’usure du pneu.

Trois nouvelles technologies font leur apparition :

• des lamelles goutte d’eau autobloquantes 3D,
• une nouvelle «chambre à neige» à la base des rainures,
• des matériaux de bande de roulement multicouches.

Essais de longue durée
Conditions des essais
Des essais de pneus sont en grande partie subjectifs car à moins d’utiliser des outils de mesures embarqués pour tester par exemple les distances de freinage ou l’épaisseur de la bande roulement, il est difficile de démontrer les résultats.

Pour ma part, je roule depuis 2,5 ans en VW Golf SW en traction avant. Les 3 derniers essais de pneus hiver se sont faits avec cette voiture que j’utilise au quotidien sur différents types de routes et de conditions climatiques : de la ville à la montagne en passant par les départementales et l’autoroute. J’ai même eu l’occasion de tester les Alpin 6 sur le circuit de Serre Chevalier en janvier dernier m’ayant permis de confirmer mes premiers ressentis.

Après une saison hivernale de plus de 25 000 km avec les excellents pneus hiver Continental WinterContact TS860, j’étais comblé par ces pneus performants. Mais au fil des kilomètres, les pneus avant commençaient à s’user et à perdre en adhérence, notamment sur la neige et la glace.

Ainsi, quand Michelin a lancé la commercialisation de son pneu de dernière génération à l’automne 2018, l’Alpin 6, j’ai sauté le pas pour en équiper ma voiture afin de le tester en conditions réelles – et non sur une journée dans certaines conditions optimales en faveur du pneu. La monte utilisée – la plus répandue – est le 205/55 R16 91 H, pouvant rouler jusqu’à 210 km/h.

Utilisation au quotidien
Ce vrai pneu hiver se démarque de son prédécesseur par un nouveau design de la bande de roulement, même si le profil symétrique en V est gardé. Des canaux latéraux font leur apparition pour mieux évacuer l’eau et la neige.

Au quotidien, sur des routes sèches et humides, il se comporte très bien. Le grip se fait bien sentir et il est équivalent à son concurrent direct, le Continental. Les freinages sont très bons, bien plus efficaces que les pneus été aux températures basses, en dessous de 7°C.

Sur route humide
Sous de fortes pluies, notamment lors de passage sur des zones d’aquaplaning dont j’ai l’habitude sur mes trajets quotidiens, la sécurité est de mise. La voiture passe parfaitement sans perdre d’adhérence. Elle garde parfaitement la trajectoire. J’ai d’ailleurs ressenti un meilleur grip et une meilleure évacuation de l’eau que son concurrent. Idem dans certaines courbes à la limite d’adhérence : l’Alpin 6 possède un pouvoir d’accroche impressionnant dans sa catégorie, le rendant très sécurisant.

En remontant début janvier 2019 des Alpes du Sud, j’ai été confronté sur autoroute et de nuit à de très fortes pluies sur des centaines de kilomètres. Même en baissant la vitesse, l’attention et la concentration sont primordiales. De nuit, certains dangers sont visibles au dernier moment et certains évènements occasionnent parfois de gros freinages.

Dans ces cas rencontrés, j’étais bien content d’avoir ces pneus, même avec une usure de plus de 5 000 km.

Sur la neige et la glace
Le test le pus important pour un pneu hiver est sa tenue sur la neige et notamment sur la glace et le verglas. Avec une saison hivernale en retard, j’ai d’abord pu tester de manière intensive l’adhérence du pneu hiver Michelin Alpin 6 sur le circuit de Serre Chevalier, avec différents types de revêtements tout au long d’une journée.

Passant de sol verglacé à sol enneigé jusqu’à de la neige fondue, les enchaînements de tours sur ce circuit hivernal étaient très constructifs et révélateurs des performances du pneu. Testant en même temps quelques chaînes à neige, j’avais un bon point de référence en terme de grip.

J’ai également pu rouler en montagne sur des routes enneigées tout comme en plaine avec de très récentes chutes de neige fraîche et abondante.

Toutes les conditions neigeuses étaient réunies pour tester les limites du pneu, sur sol plat comme en pente.

Le grip latéral est excellent, la voiture garde parfaitement sa trajectoire et sa motricité, notamment en courbe. On ressent le pneu agripper le sol verglacé et enneigé. La nouvelle conception de la bande de roulement dotée de lamelles goutte d’eau autobloquantes 3D rempli parfaitement son rôle. Le grip semble encore plus important sur la neige fraîche, non tassée.

Le point faible de ce pneu tout comme les autres pneus hiver testés est le démarrage en côte. Dès que la pente devient trop importante, cela patine, même si les pneus sont neufs. Ayant des points de références, le Michelin Alpin 6 ne fait pas mieux que les autres. Si la voiture est lancée, cela passe sans problème, mais dès son arrêt, les chaînes peuvent parfois être nécessaires. L’idéal est d’avoir une voiture à 4 roues motrices. Si la voiture est chargée, le poids se retrouve sur les roues arrière et non pas assez sur les roues avant motrices.

Après plus de 10 000 km parcourus, je n’ai pas réussi à mettre en défaut les 4 pneus hiver. J’ai même pu les tester face aux Alpin 5 présent sur une autre voiture utilisée au quotidien par mon épouse.

Sur un démarrage, le grip est supérieur pour l’Alpin 6 permettant d’accélérer plus rapidement. En freinage, les distance sont plus courtes pour la dernière génération.

De manière générale, les distances de freinage sont assez courtes et sécurisantes. Idem, pour les accélérations en partant de l’arrêt.

A haute vitesse sur autoroutes allemandes, les Michelin Alpin 6 sont assez sécurisants et répondent parfaitement, que cela sur sol sec, humide et même partiellement recouvert de neige.

Même à des températures plus élevées, au-delà de 20°C, là où les pneus hiver sont moins bons, la conduite est agréable avec une bonne maniabilité. Par contre, les distances de freinage sont légèrement plus longues.

Une économie de carburant insignifiante
En terme de consommation de carburant, je n’ai rien observé de particulier. Entre deux types de pneus hiver noté C, c’est imperceptible.

Un bruit plus discret
Par contre, j’ai observé un son un poil plus discret par rapport au WinterContact TS 860, notamment sur route sèche. Le bruit des pneus n’attire pas l’attention dans l’habitacle, ce qui profite aux passagers.

Et l’usure?
La référence actuelle dans ce segment était pour l’instant le pneu hiver Continental WinterContact TS 860 (adhérence et usure). De par mon expérience, l’Alpin 6 le dépasse légèrement en terme de grip mais aussi en terme d’usure. Je suis à 7 mm à l’avant et 7,6 mm à l’arrière alors qu’au même kilométrage, le TS 860 était en-dessous : 6,7 mm à l’avant et 7,2 mm à l’arrière. A l’état neufs, la profondeur de la bande de roulement du pneu hiver est de 8 mm. Michelin continue ainsi de se différencier su ce point. De nouveaux témoins d’usure permettent de voir le pourcentage de gomme restante. Je pense qu’il est possible de rouler plus de 50 000 km avec ce pneu sur des parcours en dehors des villes et des embouteillages.

Mon avis
Michelin a ses adeptes tandis que certains préfèrent d’autres marques. Pour ma part, je n’ai pas de préférence pour tel ou tel manufacturier de pneumatiques. Je me tourne toujours vers ce qui se fait de mieux, notamment en terme de rapport qualité prix.

Suite à mes essais de longue durée du Michelin Alpin 5, j’avais mis en avant ses excellentes performances jusqu’à mi-usure. Après, je n’étais plus du tout satisfait, l’usure étant plus rapide et le grip insuffisant. Pour le pneu Continental WinterContact TS 860, j’étais conquis comme jamais mais à partir de 20 000 km environ, l’usure devenait plus prononcée avec une baisse des performances, ce qui est normal sur tout pneu hiver.

Mais quand Michelin promet de meilleures performances de son Alpin 6 que ses concurrents notamment durant toute la vie du pneu, je ne pouvais qu’être emballé. Et je le suis toujours aujourd’hui.

Depuis octobre dernier, j’ai pu rencontrer tous les types de climats hivernaux possibles sur différents terrains en Europe centrale, avec des routes sèches à des températures élevées, des conditions très humides, des chutes de neige, des chaussées très glissantes, …

Dans chacune de ces situations, que cela soit en ville, sur autoroute, sur nationale, sur départementale, en plaine, en Montagne, sur circuit de glace, …, les pneus hiver Michelin Alpin 6 ont parfaitement remplis leur rôle, parfois même plus quand j’ai du faire face à des situations dangereuses. Leur grip est sans aucun doute en haut du classement, me basant sur des endroits habituels servant de points de référence pour les essais.

Dans le segment Tier #1 (les pneus prémiums), les concurrents de Michelin proposent de très bons pneus hiver mais je n’ai pas pu tous les tester. Néanmoins à la vue des résultats de différents tests, Dunlop et Continental sont en haut du classement et sont de redoutables concurrents. Les pneus hiver Michelin Alpin 6 sont souvent un peu plus chers que les concurrents, mais ils se démarquent par leur rapport qualité-prix et usure, se classant ainsi en tête du podium. Cela se confirmera lors des prochains tests 2019-2020. En attendant, vivement les prochaines grosses chutes de neige pour d’en profiter…

La suite?
10 000 km en moins de 4 mois c’est bien, mais le pneu est loin d’être usé. Il reste ainsi beaucoup de kilomètres à parcourir pour découvrir si la promesse de Michelin d’offrir des performances similaires même à forte usure est bien réelle. Comptez sur moi pour vous faire un retour d’ici quelques mois.

Photos : 4Legend.com

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Passionné de tout ce qui roule, vole et flotte.

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