
Le 9 septembre 2026, Porsche AG a officiellement finalisé la cession de ses participations dans Bugatti Rimac et dans Rimac Group. Après l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires, cette opération, annoncée dès avril 2026, met un terme définitif à près de trois décennies de lien capitalistique entre la marque de Molsheim et le Groupe Volkswagen.
Une transaction désormais actée
Porsche et le consortium d’acheteurs avaient signé les accords de cession en avril 2026. La transaction vient d’être finalisée ce 9 septembre 2026, une fois les autorités de la concurrence des différents pays concernés ayant donné leur feu vert. Le constructeur de Zuffenhausen cède ainsi l’intégralité de ses deux participations distinctes : 45 % dans Bugatti Rimac, la coentreprise créée en 2021 qui héberge la marque Bugatti, et environ 20,6 % dans Rimac Group lui-même.
Les parts sont reprises par un consortium mené par le fonds américain HOF Capital, aux côtés de BlueFive Capital et de plusieurs investisseurs institutionnels américains et européens. À l’issue de l’opération, Rimac Group – dirigé par son fondateur Mate Rimac – prend le contrôle total de Bugatti Rimac et noue un partenariat stratégique avec ces nouveaux actionnaires financiers.
Les chiffres de la cession
Selon le communiqué diffusé par Porsche, l’opération générera pour le groupe un produit de cession d’environ 1 milliard d’euros. Sur ce montant, 250 millions d’euros seront directement affectés au financement complémentaire des engagements de retraite de l’entreprise.
Cette entrée de trésorerie, combinée à cet effort de financement des retraites, a conduit Porsche à revoir à la hausse sa prévision de marge de flux de trésorerie net pour l’exercice 2026, désormais attendue entre 5,5 % et 7,5 %, contre une fourchette de 3 % à 5 % annoncée précédemment dans le rapport financier semestriel. Porsche précise que ces prévisions initiales n’intégraient pas les effets d’éventuelles cessions d’actifs.

Bugatti, Volkswagen : un lien capitalistique qui remonte à 1998
Cette cession solde une formidable histoire entamée en 1998, année du rachat de la marque Bugatti par le Groupe Volkswagen. Sous cette tutelle, la marque alsacienne avait connu la renaissance que l’on connaît, avec la Veyron puis la Chiron assemblées à Molsheim.
Le lien s’était transformé une première fois en 2021, lorsque Volkswagen avait fait entrer Bugatti dans une nouvelle coentreprise baptisée Bugatti Rimac, aux côtés du spécialiste croate des hypercars électriques Rimac Automobili. Porsche, filiale du Groupe Volkswagen, y détenait alors 45 % des parts, Rimac Group en conservant 55 %. Cette union avait pour ambition de conjuguer le savoir-faire de Bugatti en matière d’hypercars thermiques et l’expertise de Rimac dans l’électromobilité.
Avec la finalisation de la cession de ces 45 %, c’est donc bien la dernière participation directe du Groupe Volkswagen dans le capital de Bugatti qui disparaît. La marque de Molsheim, dont l’usine française et les équipes ne sont pas concernées dans leur organisation industrielle par ce changement d’actionnaires, entame ainsi un nouveau chapitre de son histoire, cette fois sous le contrôle plein et entier de Rimac Group, épaulé par des capitaux américains et moyen-orientaux.
Le recentrage de Porsche sur son cœur de métier
Pour Porsche, cette opération s’inscrit dans une stratégie assumée de recentrage sur son propre métier de constructeur de voitures de sport. Le communiqué de presse de Porsche évoque explicitement une « nouvelle étape » dans cette démarche, après une période où le constructeur de Zuffenhausen avait multiplié les prises de participations technologiques et stratégiques, notamment autour de l’électrification.
L’opération permet également à Porsche de dégager des marges de manœuvre financières bienvenues, dans un contexte où il fait face à des arbitrages coûteux sur ses engagements sociaux et sur ses investissements liés à la transition électrique.
Photos : Porsche


