
Parmi les nouveautés électriques et les stands des grands constructeurs, le Mondial de l’Auto de Paris laisse cette année une place de choix aux supercars. Du 12 au 18 octobre 2026, Paris Expo Porte de Versailles redevient la capitale mondiale de l’automobile pour cette 91ᵉ édition. Le club français Passion Supercars y présente une exposition qui réunit Ferrari, Lamborghini, Bugatti, McLaren, Mercedes, Venturi et Porsche.

Un club de passionnés au cœur du salon
Passion Supercars n’est ni un constructeur ni un concessionnaire. C’est un club automobile français qui propose à ses membres des road trips, des track days, des expositions et des événements exclusifs, fondés sur le partage, la convivialité et la cohésion entre passionnés. Il accompagne aussi les entreprises dans la conception et l’organisation d’événements sur mesure. Les panneaux du stand le résument d’ailleurs en une formule : « automotive event agency ».
Chaque voiture est accompagnée d’un panneau portant son nom et un QR code, ce qui donne à l’ensemble un côté galerie plus que stand commercial.

Un contexte favorable aux supercars à Paris
Ces voitures reviennent dans un salon qui en avait fait sa marque de fabrique. Les habitués se souviennent d’une époque où Ferrari, Porsche, Lamborghini et d’autres supercars dominaient les allées du Mondial. En 2022, seize Ferrari prêtées par un collectionneur avaient déjà été réunies, dont la 458 Aperta, la LaFerrari et la Monza SP2. Début 2026, l’Ultimate Supercar Garage, organisé en marge de Rétromobile, avait réuni Bugatti, Koenigsegg et Ferrari, représenté par le groupe Charles Pozzi.

Les trois Ferrari : de la route à la piste
Le trio de Maranello est le plus spectaculaire du stand. La plus récente, la Ferrari F80, est présentée portes papillon ouvertes, dans une livrée gris argent et bleu marine rehaussée d’un liseré tricolore sur le capot. Dévoilée fin 2024, c’est l’hypercar hybride de la marque, animée par un V6 3,0 litres biturbo associé à des moteurs électriques pour environ 1 200 ch, produite à 799 exemplaires.
À ses côtés, la Ferrari SF90 XX arbore une robe rouge barrée d’une bande jaune sur le capot, avec jantes noires et étriers jaunes. C’est la déclinaison la plus radicale de la SF90, héritière du programme XX réservé à la piste : environ 1 030 ch, avec un V8 4,0 litres biturbo et trois moteurs électriques, pour 799 exemplaires en version coupé.
La troisième Ferrari, bleu profond avec bandes jaunes et un numéro « 51 » dans un médaillon aux couleurs du championnat du monde d’endurance (WEC), reprend le numéro de la 499P engagée aux 24 Heures du Mans.

Les Lamborghini : V12 atmosphériques
Deux V12 sont présentées. La Lamborghini Centenario, jaune à portes à ouverture en élytre, a été dévoilée au Salon de Genève 2016 pour le centenaire de la naissance de Ferruccio Lamborghini. Elle développe 770 ch grâce à son V12 6,5 litres atmosphérique et n’a été produite qu’à 40 exemplaires, coupé et roadster confondus.

L’Aventador SV orange, portes elles aussi relevées, est la version Superveloce de l’Aventador. Présentée en 2015, elle porte le V12 6,5 litres à 750 ch tout en allégeant la voiture de 50 kg par rapport à la version de base.

Une troisième Lamborghini complète le trio : la Huracán Performante, bleue, dont le museau creusé et la lame avant en carbone trahissent la vocation circuit. Présentée au Salon de Genève 2017, elle reçoit le V10 5,2 litres atmosphérique porté à 640 ch et l’aérodynamique active ALA, qui module l’appui selon les phases de conduite. Elle s’était fait connaître par un record de la catégorie des voitures de série sur la Nordschleife du Nürburgring, en 6 min 52 s 01.

La Bugatti Chiron Sport
Seule représentante de Molsheim, la Bugatti Chiron Sport est habillée des teintes bleu clair et bleu nuit emblématique de la marque, avec un intérieur bleu matelassé. Avec son W16 8,0 litres quadri-turbo de 1 500 ch, c’est la version plus affûtée de la Chiron, dotée d’un châssis et d’une suspension revus pour un comportement plus incisif.

McLaren, Mercedes, Venturi et Porsche
Le stand fait aussi une place à d’autres marques. La McLaren Senna LM, orange papaye, joue la carte radicale avec son énorme aileron arrière en carbone et ses jantes à écrou central bleu. Elle rappelle la victoire de McLaren aux 24 Heures du Mans 1995.

La Mercedes-Benz SLR McLaren, noire à intérieur rouge, ancienne star des années 2000 avec son V8 5,4 litres à compresseur d’environ 626 ch, rappelle l’alliance entre la marque à l’étoile et l’écurie de Woking. Cette exemplaire se distingue par ses jantes polies et des décors sur les ailes.

Enfin, la Porsche 911 GT3 RS (991.2), noire à jantes et étriers rouges, rappelle que l’atmosphérique pur a toujours ses amateurs : 4,0 litres de flat-six pour 520 ch.

Aux côtés de la SLR, une Venturi de course aux couleurs Jacadi rappelle l’aventure de ce constructeur français, qui a engagé ses voitures en endurance et aux 24 Heures du Mans dans les années 1990. Avec sa robe bleue, ses numéros de course et son énorme aileron arrière, c’est la seule voiture de compétition d’époque du stand, et sans doute l’une des plus attachantes pour les amateurs de sport automobile français.

Le point de vue de la rédaction
Ce stand fonctionne comme une démonstration : en une dizaine de voitures, il raconte une décennie de supercars thermiques et hybrides, de la Centenario et de l’Aventador SV, derniers grands V12 atmosphériques de Sant’Agata, jusqu’à la F80, qui préfigure la suite. Voir côte à côte la Chiron Sport et la F80, deux philosophies de la performance extrême, est un exercice rare. Reste que ces voitures sont ici pour être admirées derrière des cordons, sans le moindre bruit de moteur. Mais dans un salon où l’électrique domine, cette vitrine à l’ancienne a l’avantage de rappeler pourquoi on aime l’automobile.
Photos : Sylvain Richard – 4Legend.com












