La dernière VW Coccinelle Type 1 produite de 2003 : du Mexique au Vatican

La dernière VW Coccinelle Type 1 produite de 2003 : du Mexique au Vatican

Il y a des voitures qui s’arrêtent de rouler. Et il y a la Volkswagen Coccinelle de première génération (Type 1), qui a mis soixante-cinq ans à tirer sa révérence, à des milliers de kilomètres de son berceau, au son des mariachis au Mexique, avant de finir sa course dans un endroit qu’aucun passionné n’aurait imaginé : le Pavillon des carrosses des Musées du Vatican. Le 26 mai 2004, le pape Jean-Paul II a reçu cette Coccinelle en cadeau du président de Volkswagen de México, Luis Manuel Abella Armella à la fin de l’audience générale sur la place Saint-Pierre.

Puebla, dernier bastion de la Type 1
La Coccinelle « classique », la Type 1 conçue dans les années 1930, a cessé d’être produite en Allemagne dès 1978, la dernière sortant de l’usine d’Emden. Elle a pourtant continué sa carrière ailleurs, notamment en Australie, au Nigeria et surtout au Mexique, où l’usine Volkswagen de Puebla, lancée dans les années 1960, a pris le relais.

Au Mexique, la « Vocho » est devenue bien plus qu’une voiture : un taxi omniprésent à Mexico, une voiture familiale, un outil de travail. Si elle a survécu aussi longtemps, c’est en grande partie par manque d’alternatives : jusqu’en 2003, il n’existait pas assez de modèles abordables, assemblés localement, capables à la fois de respecter les normes antipollution de la capitale et d’encaisser les chocs du quotidien d’un taxi mexicain.

30 juillet 2003 : la fin d’une époque
Le mercredi 30 juillet 2003, la dernière VW Coccinelle classique sort de la chaîne de Puebla. Il s’agit de l’exemplaire numéro 21 529 464, ce qui porte le total des Type 1 produites depuis la Seconde Guerre mondiale à plus de 21,5 millions d’unités. La cérémonie mêle fierté et émotion : fleurs, mariachis et adieux d’une main-d’œuvre qui avait littéralement construit le mythe pendant des décennies.

À ne pas confondre avec la VW New Beetle, lancée en 1998 et également produite à Puebla : celle-ci n’a rien de la mécanique à moteur arrière refroidi par air qui faisait le charme de la Type 1.

La série « Última Edición »
Pour accompagner cet adieu, Volkswagen de México a lancé une série limitée baptisée Última Edición, limitée à 3 000 exemplaires et habillée d’un bleu distinctif. C’est dans cette série que se trouve l’exemplaire qui nous intéresse. Ces voitures sont depuis devenues recherchées des collectionneurs : en 2015, un exemplaire a même été mis en vente pour plus d’un million d’euros, un prix qui doit beaucoup à sa provenance et à l’histoire de son vendeur, ancien cadre de VW de México.

26 mai 2004 : une Coccinelle place Saint-Pierre
Quelques mois plus tard, la Coccinelle prend un chemin inattendu. Le 26 mai 2004, à l’issue de l’audience générale place Saint-Pierre, le pape Jean-Paul II reçoit en cadeau une Coccinelle bleue. Elle lui est offerte par Luis Manuel Abella Armella, président de Volkswagen Mexique, accompagné d’une délégation d’ouvriers de l’usine de Puebla.

Le geste a une signification précise. La voiture a été présentée au Souverain Pontife en signe de gratitude pour sa visite au Mexique en 2002, lors de laquelle il avait canonisé Juan Diego Cuauhtlatoatzin, le voyant de Guadalupe. Pour des ouvriers d’un pays profondément catholique, offrir au pape la voiture qui incarnait leur savoir-faire avait une portée symbolique forte.
Ce modèle est le dernier exemplaire produit de la série limitée de 3 000 exemplaires.

Aujourd’hui : au Pavillon des Carrosses
La Coccinelle n’a pas pris la poussière dans un garage. Elle est aujourd’hui conservée au Pavillon des Carrosses (Padiglione delle Carrozze) des Musées du Vatican, où elle figure sous le numéro de catalogue 71961, à la sortie de l’exposition dédiée aux voitures et carrosses des papes. Une Volkswagen Type 1 de Puebla à quelques mètres de carrosses du XIXe siècle : le contraste résume à lui seul l’ampleur du chemin parcouru par la « voiture du peuple ».

Le point de vue de la rédaction
Cette VW Cox bleue résume ce que la Type 1 a toujours été : une voiture populaire devenue un symbole. Qu’elle finisse au Vatican, offerte par ceux qui l’ont assemblée, en dit plus long que n’importe quelle fiche technique.

Nous retenons surtout le geste des ouvriers de Puebla. Ils ne remettent pas un objet de collection au pape : ils lui remettent le travail de plusieurs générations, au moment où l’usine tourne la page. La voir au Vatican fut une belle surprise et une belle découverte dans une collection à recommander pour toute personne se rendant à Rome.

Photos : Sylvain Richard – 4Legend.com

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