VW-Porsche Tapiro de 1970 par Italdesign

VW-Porsche Tapiro de 1970 par Italdesign

En 1970, l’entreprise italienne de design automobile Italdesign – fondée en 1968 par le designer Giorgetto Giugiaro – a présenté au salon automobile de Turin en octobre 1970 un concept de berlinette à moteur central basé sur la VW-Porsche 914/6.

L’idée d’un roadster d’entrée de gamme Porsche – construit en collaboration avec Volkswagen – n’était pas une mauvaise idée, mais le style de la 914 ne plaisait pas à tout le monde à sa sortie en 1969, notamment aux fans de Porsche 911. La solution de Giorgetto Giugiaro était simple : prendre une VW-Porsche 914/6, la dsosser et garder la base avec le plancher, puis remplacer la carrosserie par celle d’un élégant coupé. Et c’était plutôt réussi à la vue des différents retours au début des années 1970 suite à ses expositions dans des salons automobiles.

Création de la VW-Porsche Tapiro de 1970
La jeune société italienne – spécialisée dans le design automobile – a fait sensation en présentant son concept VW-Porsche Tapiro au salon de Turin 1970. Dirigée par le designer de renom Giorgetto Giugiaro, Italdesign a totalement remodelé la VW-Porsche 914/6 qui a servi de base pour ce concept-car en reprenant son châssis. Il s’agissait du 4ème prototype de la société. Ce fut même en son temps le concept-car préféré de Giugiaro.

Design extérieur qualifié de Wedge
Les designers en ont fait un Coupé aérodynamique et futuriste aux lignes en coin, avec des portes papillon inspirée de la Mercedes 300 SL : les fameuses « gull-wing doors ».

Giugiaro à la tête du projet a dessiné un nez profilé très allongé et pointu, dans la continuité du parebrise très incliné. La voiture présente de nombreuses cassures en forme de pointes. L’avant est très agressif et accentue la stabilité et la force de l’arrière par le biais d’un angle précis placé plus en hauteur.

L’ensemble suit la colonne vertébrale centrale allant de l’avant jusqu’à l’arrière en passant entre les portes et offrant des aérations pour le moteur placé à l’arrière. Cette structure permet de supporter les ouvrants.

Cette solution imposait le design d’une structure centrale en « croix » qui porte longitudinalement les fixations des ouvrants (portes et trappes) alors que transversalement c’était un arceau.

De face, l’Italdesign Tapiro de couleur gris argent offre une vue sur son capot creusé en son centre, avec des ailes avant beaucoup plus hautes, offrant ainsi un meilleur écoulement de l’air et notamment un apport en air frais au moteur via la prise d’air en haut du parebrise.

A l’arrière, on retrouve un arceau façon Porsche 911 Targa, qui divise la partie habitacle avec celle du compartiment moteur qui est surmonté de larges surfaces vitrées, s’ouvrant elles aussi vers le haut comme les portes avant. Via ses 2 portes papillon, on pouvait facilement accéder à un minuscule compartiment à bagages, placé au dessus du moteur et de la boîte de vitesses. Les vitres des portes et des trappes arrière étaient arrondies pour une meilleur aérodynamisme à haute vitesse. La surface vitrée était très importante sur la voiture donnant une luminosité maximale.

Sous le capot avant qui s’ouvrait de façon conventionnelle se trouvait la roue de secours qui prenait toute la place disponible. Il faut préciser que les larges jantes en aluminium en 8 x 15 à l’avant et 10 x 15 à l’arrière étaient chaussées de gros pneus et qu’ainsi la roue de secours n’était pas petite.

Les phares ont été intégrés dans la carrosserie comme sur la VW-Porsche 914. Ils étaient commandés électriquement afin de les faire sortir en cas de d’utilisation.

Les logos VW et Porsche étaient présents au bout du capot dévoilant ainsi la base de l’Italdesign Tapiro.

A l’arrière, la coupure est nette avec des feux rectangulaires de chaque côtés. Entre les deux se trouve l’inscription « Tapiro » De manière générale, le design de la Tapiro a dû fortement inspirer le créateur de la fameuse DeLorean DMC-12 de 1981 car les ressemblances sont nombreuses.

Ce design était totalement atypique pour une Porsche. Avec la Tapiro, Giugiaro voulait allier les lignes droites latérales à un avant en forme de coin avec un capot se prolongeant visuellement vers le parebrise, avec des jonctions plates et des angles en V afin d’accentuer les modifications de surface.

Ses dimensions sont de 406 x 176 x 111 cm avec un empattement de 245 cm.

Design intérieur
A l’intérieur, on ne se doute pas que la Tapiro repose sur une base de VW-Porsche 914/6. Tout l’intérieur – de couleur marron clair – a été créé à partir d’une feuille blanche tout comme le tableau de bord. Le compteur de vitesse était placé au centre, derrière le volant. De chaque côté du compteur de vitesse, Giugiaro a installé des instruments supplémentaires comprenant des jauges.

L’intérieur est très épuré. Un grand tunnel central remonte entre les deux sièges en cuir intégrés dans l’habitacle. Le levier de vitesse de la boîte de vitesse à 4 rapports parait isolé entre les 2 espaces des occupants.

Moteur
En remplacement du 2.0 l de 110 ch de la 914/6, l’Italdesign Tapiro était motorisée par le 2.4 l Flat 6 Porsche qui a spécialement été préparé par le préparateur et pilote italien Ennio Bonomelli pour en sortit 220 ch à 7200 tr/min, avec un ratio de compression de 10:1, théoriquement suffisant pour atteindre 230 km/h.

Origine du nom Tapiro
De part son design et notamment sa face avant qui ressemblait au long nez d’un animal que l’on appelle Tapir, le nom Tapiro a rapidement été trouvé par Giugiaro.

Une fin tragique
Le concept de cette voiture de sport à moteur central n’est jamais passé au stade de la production en série. Après son tour international des salons automobiles, la VW-Porsche Tapiro a été achetée par un industriel espagnol qu’il utilisait quotidiennement.

Puis dans les années 1980, officiellement, la voiture a été victime d’un accident de la route et à pris feu. Officieusement, sa destruction a été causée par un groupe de travailleurs grévistes qui lui ont mis le feu. Elle fut détruite et non reconstruite.

Elle a ensuite été récupérée en tant qu’épave par Italdesign qui l’expose depuis dans le musée privée de Giugiaro comme une œuvre d’art.

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