IAA 2017 – A la découverte des technologies inédites de la Bugatti Chiron

IAA 2017 – A la découverte des technologies inédites de la Bugatti Chiron

ad-728-mannes

Après vous avoir présenté en exclusivité les secrets du design de la Bugatti Chiron, voici un résumé du deuxième atelier auquel j’ai pu assister au salon automobile de Francfort – IAA 2017. Suite à une invitation exclusive de Bugatti, j’ai eu l’honneur de participer à un workshop présentant les dernières technologies utilisées dans le développement de la Bugatti Chiron, concernant notamment le moteur W16, la boîte de vitesses, les éléments aérodynamiques passifs et actifs, le système de freinage, les pneus Michelin, la batterie, l’électronique, la structure et le châssis.

« Avec la Chiron, Bugatti a révolutionné les paramètres bien connus dans lesquels évoluent tous les acteurs sur le marché, afin de définir de nouveaux facteurs qui n’existaient pas auparavant », a dit le Président de Bugatti – Wolfgang Dürheimer. « Bugatti a de nouveau repoussé les frontières de la physique. Il n’y a aucun domaine dans lequel nous n’ayons pas fait de progrès significatifs. »

Grâce à l’interaction entre la nouvelle monocoque en carbone, le nouveau moteur W16 avec une nouvelle transmission, les trains roulants adaptatifs entièrement revus, les pneumatiques Michelin spécialement développés pour Bugatti, ainsi que d’autres technologies innovantes, la Chiron s’avère être la championne de l’accélération longitudinale maximale, mais aussi, pour la première fois, une Bugatti moderne et alerte apportant par sa tenue de route un plaisir de conduite infini.

Les technologies les plus modernes et des solutions novatrices pour une Supercar hors du commun
Comment développe-t-on une nouvelle Supercar lorsque l’on a déjà construit la perfection?
Tel a été le grand défi des ingénieurs de Bugatti pour le développement de la Chiron. Le cahier des charges pour la nouvelle Bugatti était donc, en bref, d’améliorer sensiblement, sous tous les aspects, ce qui était déjà le meilleur sur le marché.

Willi Netuschil, membre de la Direction et responsable du développement chez Bugatti, décrit ainsi l’approche technique : « Là où d’autres s’arrêtent, Bugatti va encore plus loin. Nous sondons des domaines extrêmes. Pour élaborer nos véhicules, nous utilisons toutes les technologies, sans restriction, avec pour exigence ultime d’être les meilleurs. »

Un groupe motopropulseur entièrement revu
Une puissance de 1500 ch via le nouveau moteur W16, tel était l’objectif pour la Chiron.
La Bugatti Chiron était en effet la première Supercar de série au monde a développé sur route 1500 chevaux avec un couple de 1600 Nm entre 2000 à 6000 tr/mn, avec une immense efficacité, une sécurité extrême et un confort incomparable.

À cette fin, le moteur W16 à 8 litres de cylindrée, pour lequel Bugatti est aujourd’hui connu et apprécié par ses clients et fans du monde entier, a été entièrement repensé. Pour atteindre une augmentation de 25 % par rapport à son prédécesseur, pratiquement chaque élément du moteur a été revu et perfectionné. Pour compenser l’augmentation du poids du groupe découlant de l’accroissement des performances, Bugatti a utilisé davantage de matériaux légers tels que le titane et le carbone. Ainsi, la tubulure d’admission, le trajet de l’air de suralimentation et les carters de chaîne sont désormais en fibre de carbone. Le poids du nouveau vilebrequin a également été optimisé.

Les facteurs les plus pertinents pour augmenter les performances au niveau du groupe moteur sont la double injection de carburant avec 32 injecteurs et quatre nouveaux turbocompresseurs plus grands et plus performants qui sont gérés par la suralimentation bi-étagée (une innovation que Bugatti met en œuvre) et de nombreuses autres astuces et nouveaux développements techniques.

En comparaison avec la Bugatti Veyron, elle propose une puissance maximale de manière constante et facile à maîtriser dans tous les domaines et lorsqu’on le lui demande (cf courbes de puissance).

D’autre part, le refroidissement de l’air de suralimentation a été amélioré. Le résultat, c’est que le groupe fait circuler plus de 60 000 litres d’air par minute.

La pompe de liquide de refroidissement fournit également de hautes performances. Elle pompe chaque minute 800 litres d’eau à travers tout le moteur.

Une suralimentation bi-étagée comme caractéristique la plus distinctive de la transmission.
Le moteur est assisté de quatre turbocompresseurs dont la taille (+ 69 % par rapport à la Veyron 16.4) et les performances ont été accrues. Ils sont chargés en deux étapes. La suralimentation bi-étagée spécialement développée à cette fin par Bugatti est la caractéristique technique la plus distinctive de la transmission de la Chiron.

Pour obtenir des valeurs d’accélération maximales au démarrage sans cette « inertie du turbo » tant redoutée sur les voitures de sport, la Chiron démarre avec seulement deux turbocompresseurs. C’est seulement à environ 3800 tours que les deux autres turbocompresseurs sont activés.

Le résultat, c’est qu’à partir de 2000 tours, la suralimentation bi-étagée a une courbe de performances absolument linéaire, un énorme couple dans la plage inférieure et une contrôlabilité et une dosabilité extrêmement bonne de la puissance.

Après une accélération maximale, ce bolide atteint ainsi une vitesse de pointe autorisée pour la circulation routière de 420 km/h (limitée, mais on m’a confié qu’elle a déjà facilement dépassé les 450 km/h durant les essais) en mode vitesse maximale. Mais pour la Bugatti Chiron, le but n’est pas encore atteint, loin s’en faut.

Nouveau système d’échappement en titane / Des catalyseurs à peu près six fois plus grands que ceux d’une voiture de classe moyenne
Un nouvel élément moteur des performances est le nouveau système d’échappement en titane avec une contre-pression réduite des gaz d’échappement. Il est entièrement isolé et constitué de quatre pré-catalyseurs et deux catalyseurs principaux dont le volume a été sensiblement accru : les catalyseurs principaux sont à peu près six fois plus grands que le catalyseur d’une voiture de classe moyenne. La surface qui participe activement à l’épuration des gaz d’échappement des six catalyseurs de la Chiron couvre à peu près 230 266 m². Cela correspond à une surface de plus de 30 terrains de football. À partir des catalyseurs, les gaz d’échappement aboutissent dans un silencieux de sortie qui ne pèse que 20 kg, ce qui est extrêmement léger en comparaison de ce que l’on trouve sur le marché. Quand les concurrents utilisent de l’acier inoxydable, la Chiron, elle, utilise le titane. Le système d’échappement est complété par six conduits d’échappement, dont quatre conduisent vers l’arrière et deux vers le bas.

Une nouvelle boîte de vitesses DSG disposant du plus grand et du plus puissant embrayage automobile
La nouvelle boîte de vitesses à double embrayage (DSG) à sept rapports de Bugatti est fabriquée par Ricardo. Afin de gérer 1600 Nm de couple, une huile d’engrenage spéciale a été développée. Les dents de l’engrenage ont été renforcées et la boîte a été équipée avec l’embrayage le plus grand et le plus puissant jamais utilisé sur une voiture de tourisme. La transmission est complétée par un couple réducteur avant avec blocage longitudinal intégré et un couple réducteur arrière avec blocage transversal intégré. La Chiron dispose bien entendu d’une transmission intégrale permanente.

Structure
La monocoque techniquement la plus complexe, avec une rigidité extrême du niveau d’une LMP1
La monocoque de la Chiron est entièrement en PRFC et adaptée pour résister aux collisions. Ce nouveau développement en fait la monocoque la plus complexe de sa catégorie d’un point de vue technique. Pour la première fois, l’arrière du véhicule est aussi fabriqué en PRFC.

La monocoque se compose de 320 m² de carbone au total. Si l’on mettait bout à bout les différentes fibres qui composent cette surface, on obtiendrait neuf fois la distance de la Terre à la Lune. La fabrication d’une monocoque prend à peu près quatre semaines. Cela représente 500 heures/homme. Le châssis monocoque est réalisé en Italie, par Dallara.

Grâce à l’utilisation de matériaux high-tech ultra-performants, la structure arrière de la Chiron pèse 8 kg de moins que celle de son prédécesseur (la Veyron).

Cette structure est complétée par le soubassement en PRFC qui est fabriqué selon un procédé sandwich repensé. Cette construction sandwich combinée à une utilisation optimisée des matériaux se traduit à elle seule par un gain de poids de 8 kg par rapport au mode de construction traditionnel.

La structure d’une voiture de sport n’est pas seulement déterminante pour son poids, mais aussi pour sa rigidité. Ainsi, le bolide atteint en rigidité torsionnelle une valeur de 50 000 Nm par degré, et en rigidité en flexion, il atteint environ 0,25 mm par tonne, des chiffres plus qu’éloquents, comparables à ceux qu’affichent les voitures de course de catégorie LMP1.

Premier sac gonflable au monde à se déployer à travers un élément d’habillage en PRFC
La nouvelle conception de la Chiron contribue également à satisfaire, au niveau mondial, l’ensemble des exigences actuelles en matière de sécurité. La Chiron adopte la technologie de coussin gonflable (Airbag) la plus récente. Au total, elle en compte six. Grâce à son excellent savoir-faire dans le développement de matériaux en fibres de carbone, Bugatti est le premier constructeur automobile qui ait effectivement réussi à mettre au point un coussin gonflable traversant un élément d’habillage en PRFC lors de son déclenchement. Cette innovation concerne le tableau de bord côté passager et les revêtements de siège.

La carrosserie en carbone : un exemple de savoir-faire artisanal peaufiné à l’extrême
La robe extérieure de la Chiron est uniquement composée de carbone dont les fibres se fondent dans celles des pièces contiguës sans créer la moindre rupture visuelle tant leur disposition est parfaite. Une caractéristique qui fait ainsi de cette Supercar un véritable régal pour les yeux : c’est le résultat d’une grande habileté artisanale et d’un amour du détail qui ne transige sur rien. Pour les fibres de carbone apparentes, Bugatti utilise exclusivement un tissu de fibres de carbone de la plus haute qualité qui est façonné à la perfection avec ses six couches de peinture. Aujourd’hui, Bugatti est le seul constructeur à mettre de tels moyens en œuvre.

Par ailleurs, la carrosserie comporte des pièces exigeant également des moyens extraordinaires, par exemple le capot arrière ou l’aileron. La carrosserie ne comporte pas d’arêtes, pas de fentes, uniquement de merveilleux reflets. Et il en va de même pour le panneau latéral. Ici, Bugatti a réussi à mettre au point une pièce d’un seul tenant qui part du montant A et qui s’achève à l’arrière de la Chiron : un bijou de complexité et simultanément un véritable plaisir pour les yeux.

Il est également à noter que la nouvelle structure de la Chiron représente une offre vraiment optimisée apportant davantage de confort. Pour la première fois dans le coffre à bagages d’une Bugatti, on peut ranger une valise dont les dimensions correspondent à celles d’un bagage en cabine (44 litres). À cette fin, les radiateurs, ainsi que d’autres composants, ont été inclinés, ce qui permet aussi d’obtenir une plus grande surface de radiateur.

Trains roulants
Des trains roulants adaptatifs pour une agilité fortement améliorée et davantage de confort de conduite
Bugatti a spécialement développé des trains roulants adaptatifs pour la Chiron. Ceux-ci promettent des sensations de conduite particulièrement dynamiques, une réactivité très directe, beaucoup plus d’agilité, un comportement de braquage précis, une remarquable tenue de route aussi dans les virages à grande vitesse : donc un plaisir infini dans le plus grand confort.

La configuration du train roulant et une performance optimale du moteur permettent une maîtrise de la Chiron dans toutes ses limites. La réactivité de la direction, des freins et de la pédale d’accélérateur est directe et sa stabilité directionnelle de la voiture est impressionnante.

De nouveaux pneumatiques à hautes performances Michelin testés sur les bancs d’essai de l’industrie aéronautique
Ces avantages sont le résultat de plusieurs facteurs : on notera la direction assistée électromécanique, ou bien les essieux avant et arrière remaniés, ainsi qu’une suspension dotée de bagues en caoutchouc retravaillées qui garantissent une réaction optimale aux actions du conducteur car elles sont directement vissées sur la nouvelle monocoque.

Les pneumatiques à hautes performances entièrement nouveaux sont le fruit d’une étroite collaboration entre Bugatti et son partenaire stratégique Michelin. Ce qui vaut pour la Chiron dans son ensemble vaut tout particulièrement pour les pneumatiques. Aucun compromis ne doit être fait à ce niveau. Les pneus Michelin Pilot Sport Cup 2 doivent transmettre à la route des couples pouvant atteindre 5000 Nm par roue et créer d’importantes forces de dérive. En outre, ils doivent assurer des trajets confortables dans la circulation urbaine et être les garants d’une sécurité absolue en vitesse de pointe. Les impressionnantes forces qui s’exercent par exemple à une vitesse de 400 km/h sur le pneu montrent clairement la nature du problème : pour un gramme de caoutchouc, les forces centrifuges génèrent ensuite 3800 grammes. C’est la conséquence de 3800 fois l’accélération terrestre exercée sur le crampon en caoutchouc.

Les pneus ayant les dimensions 285/30 R20 à l’avant et 355/25 R21 à l’arrière ont une surface de contact plus grande (+14% avant, +12% arrière) et offrent par conséquent de meilleures caractéristiques dans toutes les situations de conduite critiques : ils apportent ainsi de nettes améliorations au comportement de freinage, à l’accélération, à l’adhérence sur des surfaces sèches et mouillées, au bruit de roulement, au confort mécanique et au maniement du véhicule dans les zones limites.

La haute qualité hors du commun des nouveaux pneumatiques Michelin offre aux experts de Bugatti de nouvelles possibilités de conception sur le plan du comportement dynamique de cette Supercar d’exception. Ils bénéficient ainsi d’une plus grande marge de manœuvre pour la conception des nouveaux systèmes de comportement dynamique du véhicule. La commande à transmission intégrale novatrice avec sa fonction de vecteur de couple (torque vectoring) utilisant un blocage transversal à réglage électronique assure l’adhérence, y compris lorsque les angles de dérive sont importants.

Les pneumatiques de la Chiron répondent à des exigences extrêmes : c’est pourquoi ils sont testés sur les bancs d’essai de l’industrie aéronautique. Au vu de ces caractéristiques, le montage simplifié des pneumatiques de la Chiron (pouvant en théorie se monter chez n’importe quel garagiste ayant une machine adaptées au jantes de 20 et 21 pouces) ainsi que leurs coûts d’utilisation réduits (par rapport au pneu Michelin Pilot Sport PAX de la Bugatti Veyron et à sa jante PAX) et  passeront sans doute pour des qualités minimes mais qui ne manqueront certainement pas de ravir les clients.

Des freins à hautes performances repensés et basés sur des prouesses technologiques issues de la Formule 1
La Supercar de série la plus rapide au monde a besoin des meilleurs freins au monde. Bugatti a recours à des disques de frein spéciaux en carbone-céramique qui sont fabriqués à partir d’un matériau particulier dénommé carbure de silicium (SiC). Ce matériau rend le disque de frein plus léger, plus résistant à la corrosion, plus performant et plus durable.

D’autre part, les disques de frein de la Chiron possèdent un diamètre à l’avant et à l’arrière qui a été nettement accru (de 20 mm), et une largeur accrue de 2 mm. Il en résulte une plus grande absorption de chaleur par les disques et par conséquent de meilleures performances sur une piste de course.

Les étriers de frein, fabriqués par AP Racing, ont quant à eux fait l’objet d’un remaniement. Ils sont forgés en une pièce d’aluminium en appliquant des principes issus de la bionique. Ils reposent sur des modèles de structures qui existent dans la nature. La nouvelle architecture promet un poids minimal pour les étriers de frein allié à une rigidité de construction maximale pour une réactivité directe et une modularité optimale du frein. Grâce à la nouvelle conception asymétrique, l’étrier de frein peut aussi dissiper un maximum d’énergie issue du freinage. Et le clou : il ressemble à une petite œuvre d’art.

Les étriers de frein sur l’essieu avant sont équipés chacun de huit pistons en titane. Six autres pistons de titane sont installés sur l’essieu arrière. La particularité chez Bugatti est que le diamètre des pistons varie pour chaque plaquette de frein, si bien qu’on obtient une pression de poussée uniforme sur toute la surface des plaquettes et qu’on évite une usure non irrégulière. Ce que Bugatti propose ici sur un véhicule de série fait partie du meilleur de la technologie du sport automobile.

Nouveaux trains roulants adaptatifs avec cinq programmes de conduite
Les trains roulants de la Chiron disposent de cinq programmes de conduite différents : Lift, EB « Auto », autoroute, Handling et Top Speed. Cette nouvelle stratégie de réglage est devenue nécessaire, compte tenu de la puissance extrême de la Chiron et en particulier de son énorme couple qui est disponible sur une plage de 70 % de toute la plage de régime. Les acteurs déterminants des différents programmes de conduite sont le réglage en hauteur des trains roulants, les amortisseurs à régulation électronique, la direction assistée électronique, la transmission intégrale avec la fonction « Easy to Drift », le différentiel arrière à réglage électronique, la commande aérodynamique, ainsi que la commande de stabilité et des freins. Ils règlent tous de manière optimale cette Supercar en fonction du mode sélectionné.

Le mode « Lift » est mis en œuvre lorsque le véhicule est chargé par exemple sur une remorque ou lorsqu’il faut franchir des ralentisseurs et gravir des montées.

Une fois que la vitesse de 50 km/h est atteinte, le véhicule enclenche automatiquement le réglage de base, le mode EB « Auto » pour une conduite confortable et agile. Sur ce mode, le véhicule règle automatiquement l’assiette et les amortisseurs en fonction de la vitesse et de la nature de la chaussée.

Si la Chiron dépasse la vitesse de 180 km/h, le mode « Autoroute » est automatiquement activé. Ici le réglage des amortisseurs est conçu pour un comportement de conduite confortable et stable, particulièrement à grande vitesse sur autoroute.

En mode « Handling », tous les systèmes sont axés sur une agilité et des performances maximales. Ce mode est particulièrement recommandé pour la conduite sur piste de course.

Les modes « Lift », EB « Auto », « Autoroute » et « Handling » peuvent être activés individuellement avec une commande rotative à gauche du volant. La vitesse maximale pour les modes « Auto », « Autoroute » et « Handling » est de 380 km/h.

Quiconque veut aller plus vite actionne le mode « Top Speed ». Ce mode permet de monter jusqu’à la vitesse de pointe de 420 km/h. Il est activé à l’aide d’une deuxième clé de contact séparée. Cette « Speed Key », qui est déjà connue grâce à la Veyron, est utilisée par Bugatti comme un important instrument pour souligner la conduite jusqu’à la vitesse de pointe. Lorsque le conducteur actionne cette clé, il opte très résolument pour ce mode, qui n’est d’ailleurs lancé par le véhicule que lorsque ses systèmes lui donnent leur feu vert. Car la sécurité est essentielle pour Bugatti.

Aérodynamique
L’Air Intake Management intelligent améliore sensiblement les propriétés aérodynamiques et contribue au refroidissement du véhicule
L’aérodynamisme et le refroidissement sont deux thèmes extrêmement importants, en particulier dans le secteur des Supercars. La Chiron est un véhicule à enveloppe quasi intégrale afin d’acquérir les meilleures caractéristiques aérodynamiques possibles. C’est aussi pour cela que la ventilation du véhicule pour son refroidissement constitue un énorme défi. Ce moteur à combustion d’une puissance de 1500 chevaux dégage environ 3000 chevaux sous forme de chaleur qui doivent être transformés en conséquence.

L’« Air-Intake-Management » de la Chiron répond à de très hautes exigences et le résultat est un magistral ouvrage d’ingénierie. Il est 39 % plus large que celui de la Veyron et, afin de réduire la résistance du véhicule à l’air, la face frontale effective a été réduite et dessinées de telle manière que les turbulences résultant de la rotation des roues soient évitées. La zone de pression résiduelle à l’avant du véhicule est exploitée de manière ciblée.

En effet, l’air qui y pénètre est intelligemment canalisé à travers et le long du véhicule. Le rideau d’air (technologie appelée Air Curtain), le spoiler avant (Front splitter) aérodynamique, les prises d’air avant pour le refroidissement des freins, de l’eau et de la climatisation sur la partie avant du véhicule, la prise d’air pour le radiateur d’huile et l’aspiration d’air non filtré sur les côtés, ainsi que l’arête de décrochage ceinturant la partie arrière du véhicule, jouent un rôle important à ce niveau.

Tôle calorifuge repensée pour un refroidissement particulièrement efficace des freins
Uniquement pour le refroidissement des freins, on utilise à l’avant trois flux d’air de chaque côté du véhicule et on leur fait traverser les jantes.

Bugatti a développé à cette fin une tôle calorifuge extrêmement complexe pour laquelle elle a déposé un brevet : celle-ci fait passer l’air chaud par le frein et le redirige vers l’extérieur afin d’obtenir ainsi une remarquable efficacité du refroidissement des freins.

Le soubassement plan de la Chiron est équipé d’éléments déflecteurs d’air spéciaux en forme de rails appelés « strakes » en anglais, ainsi que de diffuseurs actifs à l’avant. Également dans la zone avant sont placées des sorties d’air pour le radiateur principal.

Au milieu du soubassement, des entrées d’air appelées NACA captent l’air et le dirigent à l’intérieur du véhicule pour le refroidissement de sa transmission, et d’autres entrées d’air à l’arrière se chargent du refroidissement des freins sur les roues arrière.

Le système aérodynamique actif résulte de la combinaison sans équivalent de caractéristiques influant directement sur les performances
Outre les fonctions aérodynamiques qualifiées de passives, la Chiron dispose aussi d’une aérodynamique active. Il s’agit là d’une combinaison judicieuse et sans équivalent d’éléments déterminants pour les performances, par exemple le volet diffuseur hydraulique à géométrie optimisée sur l’essieu avant afin de réduire la résistance et d’améliorer le refroidissement des freins, la régulation adaptative des trains roulants qui permet entre autres d’adopter différentes assiettes, ainsi que l’Air-Brake actif.

L’aileron arrière adaptatif de la Chiron est unique en son genre. Plus large de 39 % que celui de la Veyron, il fonctionne désormais sur quatre positions : entièrement rétracté, légèrement déployé en position « Top Speed », entièrement déployé en position « Handling » et « Autoroute » avec une inclinaison adaptée et encore plus relevé et incliné vers l’avant en position « Air Brake ». L’adaptation de la hauteur et de l’angle de l’aileron se fait en fonction de la situation de conduite et entièrement automatiquement. Sa structure d’une grande efficacité rend inutile le recours à un spoiler supplémentaire, ce qui se traduit par une résistance moindre et un gain de poids.

Le système de refroidissement le plus intelligent et le plus efficace du secteur des voitures de sport
La Chiron dispose de deux circuits de liquide de refroidissement : un circuit à haute température pour le refroidissement du moteur, et un circuit à basse température pour le refroidissement de l’air de suralimentation. Le circuit à haute température comporte un radiateur principal et deux radiateurs additionnels avec 37 litres de liquide de refroidissement auxquels il ne faut que quelque 3 secondes pour parcourir l’intégralité du circuit. Le circuit à basse température qu’utilise Bugatti pour garantir l’excellente fonctionnalité au quotidien de sa supercar dispose d’un radiateur et d’une quantité de liquide de refroidissement de 12 litres. Il empêche l’air de suralimentation de devenir trop chaud, par exemple en mode « stop-and-go » et dans la circulation urbaine.

Si on ajoute à cela les trois radiateurs pour l’huile moteur, l’huile de boîte et l’huile du différentiel d’essieu arrière, ainsi que les deux échangeurs de chaleur eau-air et le refroidisseur à huile hydraulique, ces dix radiateurs constituent à eux tous le système de refroidissement le plus sophistiqué et le plus performant du secteur des voitures de sport.

Électricité/électronique
La supercar la plus intelligente au monde, promise à un grand avenir
La Chiron est la supercar de série la plus intelligente au monde. Elle crée des conditions optimales pour le conducteur pour qu’il se concentre pleinement et sans distraction sur la conduite de sa voiture de sport à hautes performances et donne libre cours à ses émotions. Pas moins de 50 calculateurs s’occupent de la gestion du moteur et de la boîte de vitesse, du réglage des éléments des trains roulants, de la climatisation et de nombreuses autres fonctions. Et ce, bien entendu de manière tout aussi fiable dans une plage de vitesses qui dépasse largement les 400 km/h. Huit calculateurs sont consacrés à la seule commande de mode de conduite ; ils traitent et vérifient chaque ordre du conducteur en seulement 10 millisecondes.

Comme pratiquement aucun autre constructeur automobile, Bugatti s’efforce ainsi de garantir un avenir durable à la nouvelle Chiron. Pour qu’une Bugatti reste encore compatible pendant de longues années avec des logiciels et des appareils périphériques dont le développement se poursuit en permanence, les processeurs des calculateurs ont encore de vastes capacités en réserve pour une future programmation. Les réserves de capacité sont particulièrement généreuses pour le développement futur des thèmes de télémétrie et de connectivité.

Les nouveaux développements sur la Chiron sont la technique d’éclairage Led complexe, le système d’info-divertissement avec le combiné d’instruments et le bloc de commande de la climatisation. Pour réaliser des scénarios de lumière particuliers, comme par exemple la séquence d’accueil, l’éclairage dans le véhicule peut être réglé individuellement de façon numérique.

Batterie ultra légère
Bugatti dévoilait en exclusivité un élément incroyable qu’est la batterie ultra légère présente dans la Chiron, spécialement fabriquée par Qestronic. Placée sous la voiture, devant la boite de vitesse et derrière le carénage du dessous, cette batterie 12V de haute performance (57.2 Ah et plus de 1000 A de courant maximum) est constituée de cellules LiFePO4 (Lithium Iron Phosphate).

Elle pèse uniquement 11.5 kg contre 23.2 kg pour la Veyron, soit 50 % de moins que sa devancière. Sa maintenance est facilitée par une communication avec des calculateurs permettant de connaître son état en permanence.

Les phares-projecteurs entièrement à Led les plus plats du secteur automobile
Pour souligner l’unique design à huit yeux de l’avant de la Chiron, Bugatti la dote des phares-projecteurs entièrement à Led les plus plats du secteur automobile, ayant une hauteur d’à peine 90 mm. Chaque projecteur dispose de son propre calculateur qui active les Led derrière les lentilles principales fixées par les bras filigranes en aluminium. Les huit carrés de lumière extérieurs sont générés par des fibres optiques et projettent les feux de position et les feux de jour. Une Chiron est toujours identifiable de l’avant par ces huit carrés de lumière. Les diaphragmes en fibres de carbone prouvent aussi qu’on n’a pas lésiné sur le plan des matériaux de haute qualité.

La bande lumineuse arrière à Led longue de 1,60 m
La bande lumineuse arrière fournie par Valeo est la signature indiscutable et la caractéristique exclusive de la Bugatti Chiron. La Chiron est le seul et unique véhicule de série dans lequel on peut trouver un bloc de feux arrière configuré de la sorte. La bande lumineuse n’a que quelques millimètres d’épaisseur et elle est soutenue par une barrette fraisée en aluminium massif. 82 lampes à Led Super RED veillent à ce que chaque usager de la route reconnaisse tout de suite et sans hésitation qu’une Bugatti Chiron circule devant lui.

Compatibilité électromagnétique digne d’un véhicule militaire
La Chiron répond aussi au besoin accru de sécurité des clients de Bugatti en leur offrant une compatibilité électromagnétique extrêmement élevée. Là aussi les ingénieurs n’ont fait aucun compromis et ont fait tester la Chiron selon la norme militaire, pour plus de sécurité.

Développement de l’ensemble du véhicule
Un programme de développement et d’essais complexe sans équivalent dans le secteur des Supercars
Aucune autre Supercar de ce calibre n’a été soumise à un programme de développement et d’essais aussi complexe et rigoureux que la Chiron. Tout commence par des croquis de design et des maquettes en argile à l’échelle 1:1.

Puis on passe à l’étape des « strakes », la représentation géométrique de toutes les surfaces visibles pour le client, à l’intérieur et à l’extérieur, en tenant compte de toutes les exigences techniques et esthétiques de forme, on élabore ensuite des maquettes numériques, et finalement des prototypes et des véhicules de présérie. La Chiron passe par chaque étape de ce processus avec de nombreux tests, contrôles et boucles de correction, procédure au demeurant standard dans le développement de modèles construit à grande échelle.

Plus de 30 véhicules d’essai étaient en service, dont six avaient pour unique vocation de garantir le respect des normes de sécurité mondiales et des prescriptions légales. Pas moins de dix véhicules de présérie ont été construits pour que le lancement de la fabrication en série soit un succès à la fin de l´automne 2016.

La Chiron a passé plus de 300 heures en soufflerie. Plus de 800 000 kilomètres d’essais ont été parcourus, et plus de 200 jeux de pneumatiques ont ainsi été usés. Outre une multitude de simulations, de nombreux tests sur bancs d’essai ont été effectués.

Certains d’entre eux, comme le banc d’essai du moteur, ont dû être modifiés et repensés pour la Chiron, car les bancs d’essai existants ne pouvaient pas reproduire les sollicitations appliquées à un moteur de 1500 chevaux et parce qu’ils étaient tout simplement trop petits pour le nouveau moteur W16.

Par ailleurs, la Chiron a été placée sur les bancs d’essai de l’industrie aéronautique ou de l’armée, car c’est seulement dans ces conditions que les données de performances visées pouvaient être obtenues et vérifiées.

La Chiron répond aux plus hautes exigences de qualité
La Chiron ne peut pas espérer une seule seconde que les contrôleurs de qualité du groupe Volkswagen fassent la moindre exception compte tenu du faible nombre de modèles à produire. Pour elle comme pour n’importe quel autre modèle du Groupe, seules comptent les plus hautes exigences de qualité.

Le résultat : les clients de la Chiron peuvent être assurés qu’ils recevront une Supercar de série de la plus haute qualité.

Un grand merci à Marie-Louise Fritz pour cette invitation exclusive et aux ingénieurs pour leurs explications très enrichissantes.

Photos: 4Legend.com / Bugatti

About The Author

Passionné de tout ce qui roule, vole et flotte.

Related posts

Leave a Reply